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N°218 Semaine du 17 au 23 octobre 2011 Parlons encore du 17 octobre 1961 L
a guerre de libération du peuple algérien dure depuis 7 ans. Les négociations
entamées à Evian en mai entre le gouvernement français et le FLN ont échoué.
De Gaulle est président de la république, Debré (fervent partisan de
l’Algérie française) est 1er ministre, Frey est ministre de
l’intérieur et Papon préfet de police. Tous ces personnages ont une
responsabilité directe dans ce qui se révèlera, malgré les dénégations
officielles encore en cours aujourd’hui, être le massacre d’au moins 300
manifestants algériens. Ils voulaient exprimer leur volonté de voir leur pays
colonisé par la France devenir indépendant, par une manifestation pacifique.
Cette guerre d’indépendance n’est pour
le gouvernement français que des « opérations de maintien de
l’ordre ». Dès 1954 la
répression contre les combattants du FLN est initiée par les socialistes
(alors SFIO) : Mitterrand, (partisan de l’Algérie française), plusieurs
fois ministre à cette époque, organise la répression et Guy Mollet, président du conseil (1er
ministre) envoie la masse du contingent des appelés maintenir l’ordre. C’est
dès cette période que des éléments de l’armée française emploient la torture
et l’assassinat contre les algériens. Lacoste puis Soustelle (hommes de
gauche !!) nommés successivement gouverneur général de l’Algérie, œuvrent à la répression.
Soustelle finit même dans les rangs de l’OAS. C’est vers la fin de cette
guerre, sous la pression du peuple français qui aspire à la paix, que les socialistes
parlent d’’indépendance. Ce 17
octobre, à l’appel du FLN une manifestation pacifique se déroule contre le
couvre feu imposé aux algériens en métropole et pour la réouverture des
négociations et l’indépendance. Une manifestation non violente. Mais Papon
n’a rien perdu de ses ardeurs zélées qu’il exerça avec Vichy, la répression
et l’organisation de crimes contre l’humanité, il connaît ! A mots
couverts quelques jours avant la manifestation il déclare au responsable de
la police « réglez vos affaires avec les algériens vous-mêmes. Quoi
qu’il arrive vous êtes couverts ». Il est entendu par une police en
partie noyautée par l’extrême droite. Le
guet-apens tendu par les supplétifs du pouvoir est efficace face à une
manifestation qui surprend tout le monde par son ampleur. Plus de 11000
manifestants sont arrêtés conduits au veld ‘hiv ( !) et à
Vincennes. Le long de la Seine on estimera à 300 voire plus le nombre
d’algériens qui sont jetés dans le fleuve. Plusieurs jours plus tard des
corps sont encore repêchés du côté du Havre. Le bilan officiel sera de 2
morts ! Jamais ces crimes ne seront reconnus par le pouvoir en France.
Papon lors de son procès à Bordeaux pour crime contre l’humanité et
collaboration active avec Vichy parlera de règlement de compte entre le FLN
et le MNA ! Le
capital n’a jamais renoncé à exploiter les peuples sous diverses formes. 50
ans après l’accession à l’indépendance de pays colonisés, ses méthodes ont
peu changé. Il ne renie rien, au contraire. Il y a quelques années la droite
a tenté de valoriser officiellement les bienfaits de cette colonisation. Et à
l’occasion de ce cinquantième anniversaire la municipalité de Neuilly où de
nombreux algériens ont été jetés dans la Seine, a refusé de participer à
cette commémoration. Quant à Hollande qui s’est rendu le lendemain de son
“investiture ” pour participer à une cérémonie sur ces mêmes lieux, il
n’a fait aucune allusion aux attitudes des uns et des autres lors de ces
évènements. On comprend pourquoi. . Lire, enregistrer et/ou
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