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N°219 Semaine du 24 au 30 octobre 2011 27 octobre 2011 Industrie : pour arrêter la casse
il n’y a que la lutte Le groupe Peugeot qui dit « souffrir de
difficultés sur le marché européen » annonce qu’il va supprimer 6800
emplois dont 800 intérimaires en France d’ici à la fin de l’année, 1000
postes en production et 5000 chez les équipementiers et sous-traitants. Après
avoir mis des milliers de salariés au chômage partiel, le groupe en rajoute… Pourtant,
son chiffre d’affaires total a progressé de 3,5% au dernier trimestre et
atteint 13,45 milliards d’euros. Dans le même temps Peugeot investit 530
millions d’euros au Brésil et 130 millions en Slovaquie. Le but :
exploiter le travail pour moins cher quel que soit l’endroit pourvu qu’il
procure un profit maximum. Mais
qu’on se rassure !!! Eric Besson, ministre de l’industrie, faisant mine
de s’inquiéter, a rencontré le P.D.G du groupe qui l’a assuré que
« Peugeot restera en France ». Satisfait de la réponse, E. Besson
a tenu à tranquilliser l’opinion publique. Ce n’est pas la prière fois que
lorsque Peugeot annonce ses sales coups, E. Besson accourt … au secours
du capital. Pas un mot sur les suppressions d’emplois. N’est-ce pas lui qui a
déclaré que « la suppression de la taxe professionnelle a permis
d’augmenter la productivité des entreprises » ? E. Besson a du se
tromper, ce n’est pas la productivité qui a augmenté, c’est la rentabilité du
capital qui a explosé. (La productivité des entreprises française est la
meilleure au monde). Le groupe
Peugeot n’est pas le seul dans la course effrénée aux profits. Renault a les mêmes objectifs, le
groupe investit 1,5 milliards d’euros au Brésil pour « doubler sa part
du marché automobile brésilien ». Lorsque l’on sait que l’acquisition
d’une automobile au Brésil coûte très cher, il est clair que ce ne sont pas les
besoins des brésiliens qui sont visés, mais les profits à réaliser. L’automobile
n’est pas le seul secteur d’industrie touché, c’est pour le même motif que
Philips Industrie (téléviseurs) supprime 4500 emplois pour
« économiser » 800 millions d’euros… Le P.D.G du groupe déclare
« c’est regrettable, mais inévitable pour devenir une compagnie maniable
et compétitive » Dans le même temps le groupe s’allie avec le fabricant
chinois T.P.V. Rio Tinto (ex Péchiney, minerais) ferme
trois sites en France, Gardanne dans les Bouches du Rhône, Beydère dans les
Hautes Pyrénées et Bâthie en Savoie. Au total ce sont 650 emplois qui
disparaissent. Le groupe veut doubler sa marge bénéficiaire sur l’aluminium
pour la porter à 40% d’ici 2015. Areva (énergie) gèle ses investissements
et prévoit 3 à 4000 suppressions d’emplois. Séa France (transport maritime) dont la
maison mère est la S.N.C.F veut en liquider 1100. M. Réal (papeterie) ferme son
entreprise, 330 salariés sont concernés. Findus (alimentation) veut démanteler
le groupe. Tous ces
exemples ne sont qu’un aperçu d’entreprises touchées par les cessions,
liquidations, suppressions d’emplois. On peut y rajouter le groupe Montupet (fonderies) qui fait l’actualité par la lutte
exemplaire des salariés qui refusent une baisse de 25% des salaires depuis 8
semaines. C’est ainsi que les patrons de
grands groupes industriels « réfléchissent » pour « redresser
l’industrie française » : Malgré des profits
considérables, ils veulent aller plus loin dans l’exploitation du travail. Les
fusions, délocalisations, liquidations ne sont pas suffisantes, ils veulent
s’attaquer avec plus de force à ce qu’ils appellent le « coût du
travail ». Plus ce « coût » sera réduit, plus il y aura de
profits. Pierre
Gattaz, fils d’Yvon Gattaz ex patron du C.N.P.F (aujourd’hui M.E.D.E.F), est
vice-président du Groupe des Fédérations Industrielles (G.F.I) qui regroupe
150 000 entreprises employant 7 millions de salariés (80% de l’industrie
française). Il est également président de Radiall (télécom), entreprise basée
en chine où il exploite 1600 salariés. Pierre Gattaz fait des propositions
pressantes à l’Etat. Celle de
créer « un choc de
compétitivité », et pour cela de « revoir le financement de la
protection sociale (famille et maladie) afin qu’elle ne soit plus payée par
les entreprises »- Celle de « Permettre d’abaisser le coût du
travail qui handicape les entreprises françaises » - Celle «d’ agir sur deux leviers : la T.V.A et la
C.S.G ». Il souhaite également, un allègement d’impôts pour les société
qui investissent une partie de leurs bénéfices en fonds propres et des avantages fiscaux pour encourager les
entreprises qui investissent dans la recherche ». Pour
couronner le tout, il propose «d’alléger le poids des règlementations et
diverses législations » comme le (Code du travail et les Conventions Collectives). Enfin, il
recommande que les entreprises puissent recourir au chômage partiel et au
prêt de salariés. P. Gattaz
est un patron plein de ressources.
Ressources qu’il va puiser au sein d’un cercle de réflexion (think tank)
baptisé la « Fabrique Industrie ». Ce groupe, présidé par Louis Gallois est composé de patrons de
grands groupes industriels comme E.A.D.S, Vallourec, Rhodia… d’experts économiques et de syndicalistes
de la métallurgie comme Dominique Gillier (C.F.D.T), et Frédéric Hornez (F.O)
en bonne compagnie de Frédéric de Saint Géours, président de l’Union des
Industries et Métiers de la Métallurgie (U.I.M.M), branche professionnelle du
M.E.D.E.F. Il est utile de dire que ce « cercle de réflexion » est
doté d’un budget de 1,1 million d’euros par an. Voilà le
capital dans toute sa laideur. Un pouvoir aux ordres, des
politiques dont le silence est assourdissant, des syndicats de collaboration,
décidément, il n’y a que la lutte pour priver le capital des moyens de
production pour l’empêcher de sévir. L’industrie française ne s’en sortira
pas autrement. . Lire, enregistrer et/ou imprimer
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