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COMMUNISTES |
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Hebdo |
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N°220 Semaine du 31 octobre au 06 novembre 2011 01 novembre 2011 Liberté
religieuse, gauche française et émancipation des peuples arabes Des
révoltes confisquées En Tunisie, en Egypte et au
Maroc, d’origine populaires, les révoltes
portaient essentiellement sur des revendications d’ordre économique et social,
l’emploi, les salaires, la gratuité des services publics… Mais elles comptaient
aussi dans leurs rangs certaines franges de la grande bourgeoisie qui veulent
la libéralisation des économies afin d’augmenter leur part du gâteau. Elles ont détourné à leur profit le
mouvement populaire en utilisant la petite bourgeoisie rêvant d’un destin
plus important et d’un mode de vie à
l’occidentale. Ces forces conjuguées ont réussi à substituer aux
revendications initiales un mot d’ordre sans danger pour l’impérialisme, que
l’on peut résumer par la démocratie politique (celle du capitalisme, bien
sûr). La
liberté religieuse De ce mot d’ordre de démocratie
politique est sorti celui de la liberté de religion. Il faut dire qu’en France aussi, une
entreprise de réhabilitation de la religion est à l’œuvre. Il est aujourd’hui
tenu pour acquis que la religion, serait une liberté fondamentale,
l’expression d’une spiritualité. Mais les principales victimes, dans
l’histoire, furent et sont encore les laïques et les athées, et non les
religieux. Une liberté qu’il est nécessaire de revendiquer, dans les pays arabes opprimés au moyen de
l’islam, c’est la liberté de ne pas avoir de religion. Souvenons-nous des
mots de Marx, dans sa "Critique du programme de Gotha" :
« Pour la bourgeoise "liberté de conscience" n’est rien de
plus que la tolérance de toutes les sortes possibles de liberté de conscience
religieuse, tandis que le parti ouvrier s’efforce de libérer les consciences
de la fantasmagorie religieuse. » C’est pourquoi les franges de la
grande bourgeoisie qui ont gagné la maîtrise apparente de la Tunisie et de
l’Egypte (apparente, car ce sont les impérialistes qui continuent de dominer)
ont choisi comme expression politique essentielle les organisations
obscurantistes, que ce soit Ennahda, parti dirigé par des capitalistes et
recrutant principalement dans les milieux populaires les plus pauvres, ou les
Frères Musulmans, parti de la petite bourgeoisie intellectuelle. Ces
organisations politiques islamiques, véhiculent les mêmes idées
réactionnaires que les féroces salafistes de Libye, auxquelles d’ailleurs les
Frères Musulmans se sont alliés. Les
puissances impérialistes ne sont pas dupes Derrière le héraut états-unien, les
Etats impérialistes ont abusé tout le monde depuis dix ans en faisant croire
que les intégristes étaient leurs ennemis. Cette opération d’intoxication à
grande échelle avait un double but : enrôler leurs propres opinions
publiques au service du choc des civilisations et enrôler celles des pays
arabo-musulmans derrière les seuls islamistes. La mort de Ben Laden (qu’elle
soit réelle ou fabriquée), a été mise en scène afin de changer la donne et de
recycler les combattants salafistes, dont les impérialistes avaient besoin au
Moyen Orient. Ceux qui dirigent et paient ces salafistes (les mercenaires les
moins chers du monde) sont à la fois des féodaux et des grands capitalistes, tous
favorables à la liberté économique totale (la libre concurrence non faussée).
C’est donc tout à fait sciemment que les agents de la CIA et de la
"special branch" britannique présents en Cyrénaïque ont armé et
formé ces miliciens, comme l’avaient fait leurs prédécesseurs avec les
moudjahidines afghans dans les années 80. C’est tout à fait sciemment que
l’OTAN a servi de logistique de soutien à ces bandes armées, consacrant une
nouvelle façon de faire la guerre impérialiste en mettant aux premières loges
des mercenaires amis. Voilà ce que personne dans le monde
politico-médiatique français, et surtout pas à gauche, ne veut reconnaître... La
gauche française a choisi le camp de l’impérialisme Certains dans cette gauche viennent
de s’apercevoir que les femmes pourraient bien pâtir du pouvoir des rebelles
libyens. L’annonce de la future abrogation de la loi autorisant le divorce et
interdisant la polygamie a ému des trotskystes, lesquels ne vont pas jusqu’à
condamner les adeptes de la loi de
Lynch, les émules du Ku-Klux-Klan, qui assassinent les Libyens du sud ou les
subsahariens simplement parce qu’ils sont noirs : Pas de condamnation des spadassins aux gages, payés par le
Qatar, qui ont torturé, violé, massacré. La gauche en France comme dans la
plupart des pays de l’Union européenne a choisi le camp de l’impérialisme. Tous
les partis de gauche française, ont objectivement approuvé l’intervention. Ils
ont pris pour argent comptant les "informations" diffusées en
boucle dans nos media au service de l’impérialisme. A l’exception de quelques
articles inquiets et de bon sens de « l’Humanité », jamais
aucun parti de gauche ne s’est préoccupé de la question centrale de
l’information. Aucun ne s’est départi
de la grille de lecture officielle, la dictature et la démocratie. Aucun n’a
voulu chercher les intérêts des uns et des autres dans le monde arabe, ni
s’intéresser à la mouvance fasciste intégriste, omniprésente en Libye, ni
même entendre que les impérialistes avaient préparé leur coup bien avant la
soi-disant révolte populaire de Benghazi. Ils ont fait comme si les désirs des multinationales de faire main
basse sur le pétrole étaient des éléments
mineurs, comme si le problème était ailleurs. Quel
manque total de lucidité politique et d’analyse de classe ! Car enfin,
il n’y a pas de différence de classe entre Benali, Moubarak, Kadhafi, Obama
et Sarkozy, mis à part que les deux premiers étaient des valets des deux
derniers. Obama et Sarkozy ne sont-ils pas des présidents bénéficiant de
pouvoirs exorbitants ? Une
régression sans précédent Ceux qui s’émeuvent de la charia et
du sort promis aux femmes ont raison. Mais ils seraient plus crédibles s’ils
rappelaient ce qu’était la situation de ces mêmes femmes dans la Libye de
Kadhafi. Ils nous ont fait le même coup avec les femmes afghanes, sans un mot
pour expliquer quelle était le statut de la femme en Afghanistan lorsque les
Communistes étaient au pouvoir. Ils seraient plus crédibles aussi s’ils
dénonçaient intégralement ce qui va arriver, maintenant que, grâce à l’OTAN,
le nord de l’Afrique est entièrement recolonisé. Ce qui attend les uns et les
autres, s’ils ne se battent pas, ne concerne pas seulement le droit des
femmes, il s’agit de régressions sans précédent. Est-il possible de croire
que les compradores libyens revenus au pouvoir après plus de quarante ans
vont continuer à permettre aux libyens de continuer de se soigner
gratuitement dans les dispensaires ? Qu’ils vont garder 20 % des revenus
du pétrole pour permettre à chaque Libyen de 25 ans d’avoir de nouveau un
logement ? Peut-on raisonnablement penser qu’Ennahda ne va pas un jour
ou l’autre interdire le divorce, ou, comme veulent le faire les Frères
Musulmans en Egypte, chasser de la fonction publique les non croyants et
emprisonner les blasphémateurs ? Le modèle de ces gens-là c’est le Qatar
et l’Arabie, des pays où ce que les capitalistes appellent la liberté
économique sont très développée, où
les riches ont tous les droits et les pauvres seulement celui de prier. La
démocratie ? La colonisation a toujours trouvé un
vernis idéologique en guise de justification. Nous ne développerons pas ce
point, nous avons déjà eu l’occasion de le faire par ailleurs sur le site.
Nous essaierons de nous poser cette question faussement naïve, mais quelle
est donc cette démocratie que nos bonnes âmes de gauche, avec leur sens
judéo-chrétien de la charité, voulaient apporter en paquet cadeau aux peuples de Libye, d’Egypte, de Tunisie. La
démocratie que défendent Sarkozy, le PS et la gauche de la gauche, celle
d’être au chômage, de payer ses soins, et surtout, celle, essentielle,
d’exploiter son prochain, de vivre de la sueur d’autres hommes. Avec
les peuples de Libye et de Tunisie Nous l’avons dit à plusieurs
reprises, Communistes, comme tous
les partis marxistes-léninistes, n’était pas dans le camp de Kadhafi. Il y
avait du sang entre lui et le mouvement communiste depuis 40 ans, depuis
qu’il avait livré en 1971, nos camarades soudanais, au réactionnaire sanglant
Nemeiry. Si la révolution de 1969, qu’il conduisit, était incontestablement
anticolonialiste, il l’avait abandonnée, niant la lutte des classes et
refusant de donner le pouvoir au
peuple. Mais, malgré le déluge médiatique, cent fois supérieur et cent fois
mieux organisé que lors de l’invasion de l’Irak, nous savons aussi que le
peuple libyen avait des acquis qu’une partie de ce peuple a défendu et défend
encore au prix de son sang. Nous savons aussi qui est maintenant au pouvoir
en Libye. Mouatassim Kadhafi, le fils, a eu la main coupée avant d’être
assassiné. C’est exactement ce que faisaient le GIA algérien et les
moudjahidines afghans, talibans ou non, aux communistes. Il n’y a rien à attendre
des multinationales pétrolières et de leurs valets fascistes, qu’ils soient
armés comme en Libye ou apparemment pacifiques comme en Egypte et en Tunisie.
Nous assurons de notre solidarité les
travailleurs de Libye, de Tunisie et d’Egypte qui continuent et continueront,
par la lutte, de revendiquer un emploi et des salaires décents. . Lire, enregistrer et/ou
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