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Hebdo |
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N°223 Semaine du 21 au 27 novembre 2011 22 novembre 2011 Huit Universités mises sous tutelle pour
défaut de paiement Le
budget 2012 de la Mission Interministérielle Recherche et Enseignement
Supérieur (MIRES) atteint environ 25,5 milliards d’euros. Depuis
2010, ce budget a baissé de 5%; il est plus faible que le budget 2007. La
France se retrouve en 14éme position mondiale quant à son effort de
recherche. Ce recul est à mettre en
relation avec son affaiblissement industriel. Le Crédit Impôt Recherche qui
est une aide aux entreprises atteint 5,3 milliards d’euros, en augmentation
de 3,4%. Cette aide est un énorme cadeau fiscal qui représente plus
de 1,5 fois le budget du CNRS !
Elle n’amène pas pour autant les entreprises à faire plus de recherche. Au
contraire elles licencient. Pour le
CNRS la baisse des crédits pour financer les opérations de recherche est de
6,2%. Et la baisse des crédits
budgétaires aux laboratoires va dépasser 10% en moyenne. La tendance est la
même pour les autres organismes de
recherche. Dans ce contexte, l’avenir de la recherche
fondamentale et même celui de la recherche industrielle apparaît bien sombre. Les
luttes menées ces dernières années dans l’ESR permettent encore
d’éviter l’application de la règle de la suppression d’un poste pour deux
départs en retraite dans l’emploi scientifique. Cependant, les organismes ne
remettent pas aux concours les postes libérés par les démissions, les
détachements, les décès ! Résultat : 1 poste supprimé pour 6
départs en retraite. Au CNRS cela représente 150 à 160 postes ! L’ESR
choisit clairement de développer la précarité. Les emplois précaires
augmentent plus que la baisse des emplois de titulaires. Dans le même sens,
ils s’efforcent de contourner l’accord du 31 mars 2011 sur la sécurisation
des parcours professionnels des contractuels de la Fonction Publique
(protocole Tron). Pour cela ils commencent par « dégraisser » les
agents susceptibles de bénéficier de ce protocole en ne renouvelant pas les
contrats qui arrivent à terme avant l’application effective du protocole. La précarité est si grave que les établissements de l’Enseignement
Supérieur et la Recherche (ESR) ont dû reconnaître plus de 11000 ayant droits
à la titularisation ! L’enjeu de l’application du protocole TRON, bien
qu’il soit loin de faire disparaître l’emploi précaire, est donc important
mais rien n’est gagné ! Il n’est
pas possible d’évoquer le budget 2012 de l’ESR sans dire un mot des dégâts
causés par la loi LRU
qui a instauré l’autonomie financière des Universités. De nombreuses
universités. Elles essaient de
rétablir leur situation financière
dégradée sur le dos des personnels en réduisant la masse salariale. Huit
d’entre elles dont Nantes, Limoges, Clermont Ferrand, ont été placées sous tutelle des recteurs.
Plusieurs autres pourraient rapidement être aussi placées sous tutelle. Les
conséquences de la LRU sont de plus en plus graves. Il faut continuer à
exiger son abrogation comme celle de l’agence d’évaluation,
l’AERES,
et celle de l’agence de financement, l’ANR. Il faut aussi bien sûr
continuer à exiger l’abandon du Grand Emprunt qui va marginaliser de
nombreuses équipes et affaiblir les capacités de recherche de la majorité des
régions. Même si à court terme, les réformes voulues par le Capital se
mettent en place, elles font surgir des contradictions qui peuvent être
exploitées à plus long terme. Ne nous résignons pas face aux dictats du
Capital. . Lire, enregistrer et/ou
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