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N°227 Semaine du 19 au 25 décembre 2011 19
décembre 2011 Enseignement :
La politique du capital Il n’y a guère de doute que la
politique de l’enseignement est d’une importance fondamentale. La formation
initiale, comme la formation au cours de la vie sont des outils
indispensables pour permettre à chacun de développer ses capacités dans une
société de plus en plus technicisée et d’y exercer un emploi. Mais cela,
c’est la théorie. En pratique, l’école, si elle assure une main-d’œuvre
qualifiée pour les tâches exigées par une production dominée par les rapports
sociaux capitalistes, constitue dans le même temps un puissant discriminateur
social dans la reproduction des classes sociales. Si les luttes ont permis
une démocratisation relative de l’enseignement, le constat que les inégalités
sociales existent dans l’accès à la formation est tout aussi clair. Pour son
profit, le patronat exige plus de l’école et de la formation. À son goût,
elles ne sont pas encore suffisamment sélectives et tournées vers une
formation répondant à ses besoins immédiats en matière d’emploi. Elle doit
aussi selon lui, formater les esprits dans le sens d’une intégration plus
poussée des futurs salariés à l’idée qu’il y a un ordre « naturel »
dans lequel le capital domine la société. C’est pourquoi, le patronat est de
plus en plus présent dans la formation générale et professionnelle. C’est là
aussi, pour lui, une source de revenu par l’intermédiaire des financements
étatiques. Depuis des décennies maintenant, l’enseignement est attaqué dans
sa structure publique et nationale. Du financement public, ouvert à l’école
privée confessionnelle, notamment pendant les années mitterrandiennes,
jusqu’à la politique de suppression des postes affaiblissant l’école, tout
concourt à fragiliser l’éducation nationale pour organiser un changement
copernicien visant à liquider son caractère public et national. L’objectif, ce n’est pas une école, mais
des écoles fonctionnant sur le modèle d’entreprises marchandes vendant de
la formation et comme on le dit : « des carnets d’adresses ». Mises en concurrence, ces écoles
auraient pour vocation de sélectionner les élèves et de les préparer aux
besoins changeants et immédiats du capital. Nul doute que les
« élites » en formation, celles issues des couches de la
bourgeoisie et de leurs alliés de la petite bourgeoisie urbaine, trouveront
là, si elles ne le font pas déjà, les moyens de se distinguer totalement de
ceux qui seront voués aux tâches d’exécution. Certes, quelques jeunes issus
des milieux populaires auront accès à cette élite, mais outre qu’ils
serviront de faire valoir, ils devront aussi obligatoirement intégrer les
dogmes de la classe dominante et s’en faire les vecteurs dans les couches
populaires. C’est à ce modèle que travaille aujourd’hui le pouvoir. Il n’est
pas seul sur ce terrain et la visite du candidat socialiste au salon de
l’éducation a été révélatrice des orientations qu’il entend mettre en œuvre.
D’abord Hollande avance avec prudence, il n’a pas oublié combien le
« dégraissage du mammouth »
cher au Ministre de l’éducation du gouvernement Jospin avait coûté au
PS lors de l’élection présidentielle de 2002. Il tente de se rallier les
enseignants en affirmant créer 60.000 postes pour compenser les suppressions
du quinquennat actuel. Cependant, il se garde bien de parler financements
étant donné qu’il a affirmé que sa politique devait, plus que celle de
Sarkozy permettre le remboursement de la dette publique. Par contre, il
assortit sa « promesse » d’une volonté de réformer en profondeur le
métier d’enseignant. Là, il reste particulièrement circonspect sur le contenu
de cette réforme, laissant seulement filtrer que les changements en cours
dans la société imposent une nouvelle vision des métiers et de leurs
exercices. C’est en général sous ce prétexte que les réformes s’organisent
pour donner satisfaction au patronat. . Lire, enregistrer et/ou
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