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N°234 Semaine du 06 au 12 février 2012 08 février 2012 Mes propositions pour l’enseignement
primaire et secondaire Par Christophe RICERCHI L’école de la bourgeoisie Depuis qu’elle existe dans notre
pays, l’Ecole publique est celle que la bourgeoisie a voulue. Elle existe
pour répondre à ses besoins, pour former l’ensemble de la jeunesse à l’idée
que le capitalisme est l’aboutissement de la société humaine. Elle n’a jamais
constitué autre chose qu’une formidable machine de reproduction sociale
justifiée auprès des opprimés par le fait qu’elle permettrait à quelques-uns,
triés sur le volet, une promotion sociale qu’elle laissait espérer aux
autres. Une réorganisation en profondeur du système Dès les années 90, l’école était
visée par la privatisation des services publics, au même titre que la Poste,
les télécommunications, l’industrie, l’énergie, les transports ou l’hôpital.
Certains s’aperçurent que l’on pouvait réaliser des profits non négligeables
en vendant de la formation. Depuis 2005, les études de l’OCDE montrent
régulièrement que les besoins des pays impérialistes européens sont
majoritairement des emplois peu ou pas qualifiés. L’embryon de l’école
publique destiné à subsister a pour mission de former à minima ces
salariés-là, quant aux autres, ils chercheront leur formation sur le marché florissant
de l’enseignement privé. La casse du service public passe par les suppressions de postes. Etudions le déroulement de cette
casse du service public, commençons par celle des moyens. C’est le Ministre
socialiste Claude Allègre, de sinistre mémoire, qui lança en grand les
opérations de suppressions de postes. Mais avec les prouesses de l’actuel
gouvernement, il est largement dépassé. L’objectif de supprimer 80.000 postes
dans l’éducation nationale en dit plus
long que n’importe quel discours. Derrière ces chiffres, il y a tout
un drame humain, des élèves qui s’entassent dans les classes, des plus jeunes
qui n’ont pas accès à l’école maternelle, des enseignants qui réduisent leurs
exigences, une quantité de travail à la maison qui explose puisque l’on n’a
plus le temps en classe, les dispositifs d’aide à la difficulté rangés comme
des souvenirs, des enseignants du secondaire fortement incités à accomplir
les missions des surveillants lesquels fondent comme neige au soleil ;
plus généralement des conditions de travail de plus en plus pénibles pour les
enseignants, qui, forcément rejaillissent sur les élèves. D’ailleurs ces
mesures s’accompagnent d’un autoritarisme accru de la hiérarchie,
particulièrement dans le premier- degré et d’une autonomie grandissante des
établissements du secondaire. Le livret personnel de compétence La compétence est un
savoir-faire, une capacité à produire des savoirs. Ce n’est absolument pas cette notion la que
les idéologue au pouvoir tentent de nous faire appliquer. Avec ce livret, il
s’agit de ficher les élèves et de les suivre au millimètre. Les employeurs
pourront recruter rien qu’en le consultant. C’est la possibilité de
« faire son marché » en dénichant celui ou celle qui possède les
seules compétences atomisées dont on a besoin. Voilà les enseignants destinés à
être des robots, des rouages évaluant en permanence des compétences, sans
jamais avoir la maîtrise de cette évaluation... Des répétiteurs bien
obéissants, voilà ce qu’ils pourraient devenir avec cette école du socle. La réforme des lycées Nous sommes dans une phase de
transition. Dans l’immédiat, ce sont les conséquences des réformes du lycée
et des suppressions de postes que nous mesurons. Les élèves se trouvent
enfermés dans une filière très tôt. Que peut choisir un élève de
seconde ? Rien ou presque. Pour le commun des lycées, on tape à la hache
dans toutes les matières. Selon le modèle introduit en 2000 par le Ministre
d’alors, Mélenchon, dans les lycées professionnels, on spécialise. Tel lycée
accueille telle formation, cela accentue encore la différence entre lycées
d’élite et lycées poubelles. La « libération » de la carte scolaire
ajoute à la discrimination, car elle se fait en réalité au détriment des
enfants des classes populaires qui passent les derniers au moment du
choix : ils échouent là où il y a de la place, ou pas trop loin de chez
eux, en tout cas dans une filière qui ne faisait pas partie de leur vœux. L’avenir des lycées professionnels Désormais les BEP sont supprimés
et le parcours du bac pro se fait en trois ans. Comme pour celle du lycée
général et technologique, la réforme a permis la mise à mort de certaines
filières. Le ministère a réactivé les CAP. Une bonne majorité des élèves
n’est pas dans la filière qu’il ou elle avait désirée, souvent parce que
l’offre de places est trop restreinte. Il n’est pas rare, dans un même
établissement de voir le nombre d’élèves divisés par deux entre la seconde et
la première. Les suppressions d’heures d’enseignement sont ainsi facilitées. Le but est la suppression du secteur
d’enseignement professionnel public. Une menace désormais claire pèse sur les
professeurs de lycées professionnels. Sarkozy comme Hollande veulent les
transférer aux régions. Une des conséquences pourrait être l’introduction de
l’alternance en terminale bac pro, dans le cursus public. Ainsi le lycée
public s’occuperait d’encadrer l’alternance, à moindre frais pour les
capitalistes. Le collège du futur L’une des dernières pierres de
l’édifice de changement radical devrait être la réforme du collège. Il s’agit
de constituer une entité scolaire (1er degré et collège) qui
serait une fin en soi et aussi d’en finir avec le collège unique. Au
programme, écrémage à tous les étages et le lycée pour ceux qui restent. En ce qui concerne l’évaluation
des enseignants, l’inspection individuelle vit ses derniers jours et sera
remplacée par un entretien tri annuel avec le supérieur hiérarchique direct.
L’entretien professionnel porterait essentiellement sur la capacité des
enseignants à faire progresser les élèves dans les sacro-saintes compétences
du ministère. Il s’agit comme dans le reste de la fonction publique,
d’individualiser au maximum les rapports hiérarchiques, de poursuivre sur ce
plan la « privatisation » des fonctionnaires. Mes propositions L’école telle qu’elle existe, de
la maternelle au baccalauréat et telle que les pouvoirs au service du capital
la transforme ne saurait convenir à une société de progrès au service du
peuple. Il faut donc la changer de fond en comble et lui donner les moyens. Mais
immédiatement un certain nombre de mesures pourraient arrêter la casse : *d’abord stopper l’hémorragie en
restituant tous les postes supprimés depuis dix ans, ce qui, si l’on intègre
celles prévues pour 2012/2013, devraient se monter à 100.000 *créer des postes, permettant
ainsi le retour à des moyens importants pour l’éducation prioritaire, pour
apporter l’aide nécessaire à tous les élèves. *la remise à plat de tous les
programmes *l’annulation de toutes les
mesures d’autonomie des établissements et en particulier, dans le secondaire,
la suppression de la dotation horaire globale des établissements et le retour
à des horaires nationaux pas matière et par classe *la suppression de tout ce qui
touche au socle commun : évaluation, livret personnel de compétence etc… *l’annulation de la réforme des
lycées, le retour au bac pro en quatre ans. *l’instauration d’un tronc
commun jusqu’à la terminale pour tous les élèves en incluant des matières
professionnelles et technologiques. . Lire, enregistrer et/ou imprimer ce texte au format
PDF (3 pages) .
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