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242 Semaine du 02 au 08 avril 2012

 

05 avril 2012

« MODELE ALLEMAND », parlons-en

 Depuis quelque  temps les médias présentent avec nombre de politiques et de syndicalistes l'Allemagne comme un modèle social bien sous tous rapports, malgré sa rigueur, rigueur nécessaire qui aurait permis à ce pays de sortir de la crise. Qui s'en sort le mieux, le peuple ou le capital ?

Avec une précarité sans égale et des salaires au plus bas c'est tout un système d'exploitation des salariés qui a été mis en place avec l'aval de toute la classe politique et syndicale. C'est d'ailleurs Schroeder, chancelier social démocrate qui fut l'initiateur de cette politique poursuivie par Merkel.         

Quelques chiffres :

                le salaire moyen a baissé de 4,2% en 10 ans. Pas de salaire minimum. Plus de 6,5 millions de personnes en Allemagne touchent moins de 10 euros brut de l'heure. Egalement 6,5 millions de travailleurs, soit 22% des actifs vivent sous le seuil de pauvreté. Il y a 12 millions de pauvres en Allemagne.,  10% des travailleurs les plus pauvres ne gagnent que 259 euros par mois.

                 l'emploi précaire a explosé avec les temps partiels et l'intérim. Il y a 1 million d'intérimaires. Ainsi l'usine BMW n'a pas embauché de CDI depuis 2001 et 26% de ses salariés sont des intérimaires. Il y a 6,5 millions de mini jobs à 400 euros par mois pour 60 heures (qui n'ouvrent pas droit à l'allocation chômage) et 8 millions d'emplois à temps partiels (18h30 par mois en moyenne). Jusqu'à 400 euros le patron est exonéré de charges. Le salarié aussi, mais du coup il ne cotise pas pour la retraite et l'assurance maladie.

                Le chômage. Seule la première année de chômage est indemnisée. Ne peut toucher cette allocation que celui qui dispose de moins de 9750 euros d'économies, sinon il lui faut vivre sur ses avoirs. Les chômeurs de moins de 25 ans qui vivent chez leurs parents voient leur indemnité baisser de 20%. Une partie du loyer et du chauffage est remboursée par l'agence pour l'emploi à condition d'accepter ceux qui leur sont proposés. L'allocation est réduite de 60% en cas de deux refus la même année. Elle est supprimée au troisième.

                Les jobs à 1 euro de l'heure ne peuvent être refusés. Des agents du service de l'emploi s'invitent au domicile des chômeurs, épluchent les relevés de comptes, ouvrent les frigos pour voir s'il y a des dépenses inconsidérées, vérifient votre situation familiale etc...

                L'espérance de vie des personnes aux plus faibles revenus est passée de 77,9 ans à 74,1 an en seulement 9 ans. Plus de 660 000 seniors de 65 à 74 ans ont un emploi à temps partiel pour compléter leur pension.

L'O.I.T. (organisation internationale du travail) affirme dans un rapport que la politique allemande de compétitivité est «  la cause structurelle » de la crise en zone euro.

Ces mesures de rigueur qui s'attaquent aux salaires, aux retraites à l'emploi devraient être appliquées en France. Pour le capital l'application d'un plan antisocial sans précédent en Europe est une nécessité vitale. Hollande ou Sarko gèreront. Le seul obstacle sera les luttes qui se dresseront contre ses prétentions. Des luttes d'ampleur dont la détermination pourra faire reculer le capital et ses représentants politiques.

 

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