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N°243 Semaine du 09 au 15 avril 2012
13 avril 2012
Elections en Sarre :
Le
soufflé « Die Linke » continue de se dégonfler
Les élections dans la région
allemande de la Sarre ont eu lieu le 25 mars 2012. Les résultats ont traduit
:
- une poussée de l’abstention, de 32,4% en
2009 à 38,4 en 2012
- un maintien de la droite
de Mme Merkel qui passe de 34,5% à 35,2%
- une forte progression
des sociaux-démocrates, de 24,5% à 30,6%
- un effondrement des libéraux
(9,2 à 1,2) dont les voix sont à retrouver vraisemblablement dans le parti «
pirate », à l’identité tout à
la fois libertaire, conformiste et branchée sur internet, qui enregistre 7,4%
des voix.
Notre attention se porte
spécialement sur le résultat du parti « die Linke ». Son co-fondateur, le Sarrois Oskar
Lafontaine a dirigé le parlement local de 1985 à
1998 comme socio-démocrate. Cette influence avait permis d’obtenir en 2009 un
résultat de 21,3% pour Die Linke.
En moins de 3 ans, le repli est
brutal : Die Linke perd 1/3 de ses voix (114.000 à 77.000) et se retrouve à
16%. En 2011 et 2012, des reculs
de même proportion ont été enregistrés à Berlin, Brême, en Bade-Wurtemberg ou
en Rhénanie-Palatinat, encore plus nets si on compare avec les
élections législatives de 2009 (Sarre : 124.000 voix).
Die Linke est le « modèle
allemand » pour le Front de gauche français et le PCF. Jean-Luc Mélenchon,
ancien dirigeant du PS et
sous-ministre de Jospin, essaie de suivre les pas de Lafontaine, ancien
dirigeant principal du SPD et ancien ministre de l’économie de Schröder. Quant
à Pierre Laurent, il a été intronisé président du PGE (Parti de la Gauche
européenne) à la suite de Lothar Bisky ex-communiste de Die Linke.
L’essoufflement électoral de Die
Linke fait ressortir sa véritable stratégie. Lafontaine n’a cessé dans la
campagne en Sarre de répéter que le vote
Linke permettrait de tirer la social-démocratie à gauche dans une coalition
régionale. Les électeurs ont préféré voter directement pour une
social-démocratie qui assume son nom. Principalement implantés à l’est, les
anciens apparatchiks « communistes » dissidents, désormais dirigeants de « die
Linke » entendent régler des comptes avec leur histoire. Cela vient d’amener
le groupe parlementaire fédéral Linke, présidé par le controversé Gregor
Gysi, à défendre la candidature pour le poste de président de la République
de la binationale Beate Klarsfeld mère de Arnaud Klarsfeld, proche de Sarkozy,
bien connue en France pour son soutien inconditionnel à… Nicolas Sarkozy. Etonnante perspective de
changement ! Le capitalisme allemand et européen a trouvé dans die Linke un
relais pour canaliser la protestation des travailleurs, l’aile prête à se
radicaliser des syndicats, pour écraser toute organisation révolutionnaire.
En France, Mélenchon est mis en avant pour les mêmes fins. Il est
significatif qu’il appuie et valide l’axe capitaliste franco-allemand, porté
par l’idéologie dominante, en appelant de ses vœux des « relations étroites
avec les Allemands comme devoir permanent de notre pays » (page 118 de son
livre « qu’ils s’en aillent tous »).
Mais la démagogie a une limite, l’illusion électorale aussi. La preuve par l’Allemagne.
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