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A peine en place,
Hollande annonce la couleur. La conférence « sociale » qui vient
de se tenir sous son égide a décidé qu’un transfert massif des
« charges sociales » des entreprises devait être effectué vers la
CSG. Louis Gallois ancien patron de EADS, actuellement vice président du Cercle (capitaliste) de l’industrie et
conseiller spécial de Hollande a précisé : « Il est impératif que
le gouvernement transfère de 30 à 50 milliards d’euros de fiscalité pour
baisser les charges sociales de ces entreprises ». Il dit cela au moment
même où PSA ferme Aulnay, supprime
8.000 emplois après avoir reçu des milliards de subventions de la part des
gouvernements. Pendant que les propriétaires de PSA et leurs actionnaires
placent leurs capitaux là où ils rapportent le plus, en Europe de l’Est, en
Espagne etc… les salariés et le peuple de notre pays paient la note. Pour
les groupes capitalistes l’intérêt national n’existe que lorsqu’il permet
de s’enrichir. Ces mêmes groupes, dirigeants et actionnaires, ont pourtant
reçu en 2011 170 milliards de cadeaux en exonérations fiscales et cotisations salariales, plus 210
milliards d’autres cadeaux. Où sont passées ces sommes ?
Qui paie cette
CSG dont l’augmentation considérable est à l’ordre du jour ?
Créée par le gouvernement Rocard en 1991 à un taux de 1,1%, elle est
aujourd’hui de 7,5% et atteint en 2011 88,6 milliards d’euros soit près de 25% du budget de l’Etat.
Elle représente déjà 20% des ressources de la Sécurité Sociale contre 3,2%
lors de sa création. 12% seulement
de cet impôt est payé par le capital. Le reste (88%) est ponctionné sur les
salariés et leurs familles, sur
les retraités. Sur les 50 milliards d’augmentation
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qui
sont proposés aujourd’hui, le patronat paierait à peine 4 milliards et les
travailleurs le reste !
Mais
le patronat en veut plus, il voudrait qu’une loi soit promulguée dès 2013
pour assurer un nouveau relèvement de la CSG. Hollande, en termes différents, a demandé la même
chose. Dès l’ouverture de sa fameuse « conférence sociale » il a
dit clairement : « Nous devons trouver de nouveaux modes de
financement autres qu’en chargeant les entreprises »
Chérèque
a approuvé chaleureusement : « l’essentiel y est,… La baisse du
coût du travail marque des points… Si c’est la première réforme d’une
réforme totale c’est très bien » etc… Dans le même esprit il applaudit
à la proposition d’une réforme totale du système des retraites qu’il faut
engager sans tarder. On devine dans quel sens.
L.
Parisot dit son contentement d’avoir été « entendue ». Pour elle
« la concertation sur le financement de la protection sociale est
vitale ». Surtout si on lui donne satisfaction !
La
CGT et FO reprochent à juste titre au gouvernement de céder aux pressions
patronales, ce qui est la moindre des choses mais ils n’appellent pas les
salariés à agir. Or la menace se précise, il faut agir maintenant sans
attendre. Le gouvernement et le patronat comptent sur la période des
vacances pour avancer plus vite dans la voie qu’ils viennent de faire
approuver par Chérèque et la CFDT. Ils comptent sur les aternoiements des
dirigeants de la CGT.
C’est
l’alternance politique au pouvoir,
hier la droite, aujourd’hui le PS et ses alliés mais rien n’a changé
Contre
la régression sociale, le seul rempart c’est la lutte, une lutte puissante
contre le capital et le gouvernement à son service.
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