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Avant de quitter Matignon F. Fillon
a commandé à l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) un rapport
sur la maîtrise des dépenses de l’assurance maladie. Il vient d’être remis
aux ministres J. Cahusac (Budget) et M. Touraine (Affaires sociales) qui
ont « accueilli avec intérêt les recommandations ». Le
gouvernement donnera suite car « il a été formulé en toute
indépendance » selon le journal ‘’les Echos’’ du 20 juillet
dernier.
Que préconise ce rapport ?
Une nouvelle vague d’économie de 10
à 15 milliards par an. Comment ? Très simple, en poursuivant les
vieilles recettes. Diminution, voire fermeture des services des urgences,
centralisation de la chirurgie, suppressions de lits et diminution des
personnels, moins de prescriptions des médecins de ville (médicaments,
arrêts de travail, analyses) ainsi que pour les affections de longue durée,
et même fermeture de 10% des pharmacies.
Les ministres précisent sans rire
que cela se fera en « améliorant la qualité des soins et en
préservant le niveau de protection des assurés sociaux ». C’était le discours du gouvernement
précédent, on voit la situation aujourd’hui.
Les retraites à nouveau sur la
sellette.
Le C.O.R. (Conseil d’Orientation
des Retraites) vient de rendre lui
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aussi un rapport sur l’avenir des
retraites. Rien ne va plus malgré la ‘’réforme Sarkozy’’. Il manquerait 10
milliards par an à compter de 2020. D’où la nécessité de repousser encore
l’âge de la retraite (67 ans) et
d’abaisser les pensions, Cette nouvelle régression devrait
intervenir en 2013. Les réformes de 2010 avec la crise seraient obsolètes.
Elles tablaient sur un taux de chômage de 7% (plus de 10% actuellement) et
une croissance de la productivité de 1,5%.
Ayrault souhaite organiser cette
nouvelle réforme en deux temps avant la concertation du printemps 2013.
D'abord avec le rapport du COR sur « l'état des lieux de notre système
et ses perspectives financières ». Ensuite par la mise en place d'une commission
ad-hoc qui formulera début 2013 différentes pistes de «
réformes ».
Devant l'attaque d'envergure qui se
met en place, les confédérations syndicales "réagissent". Ainsi
la CFDT réclame une mise à plat totale du système et menace « si
la réforme consiste seulement à modifier quelques paramètres du système,
nous ne la soutiendrons pas ». Des exigences qui avec Chérèque ne
peuvent conduire qu'à une régression de nos retraites (voir 2003 et 2010).
Quant
aux autres confédérations elles sont déjà dans le débat technique qui a
l'avantage de noyer le poisson et de ne pas aborder l'essentiel :
l'amélioration de nos systèmes de retraites, en s'en donnant les moyens
politiques et financiers. Bref, il faut s'attaquer aux profits du capital
mais cette perspective, Hollande, Ayrault et leurs comparses n'y songent
même pas. Ils ne sont pas là pour ça.
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