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L’Université d’été du MEDEF qui s’est terminée le 31 août
a rassemblé 4000 chefs d’entreprises
avec à leur tête les dirigeants des groupes industriels, bancaires et
commerciaux venus de tout le pays.
Depuis la création du MEDEF en
1998, c’était la première fois qu’un
1er ministre en exercice, socialiste de surcroît, participait à
ces retrouvailles de rentrée du patronat, « dans un esprit d’ouverture » a-t-il souligné.
J.M. Ayrault a ouvert cette réunion en disant tout le bien que parti
socialiste pense du patronat. « Je connais vos inquiétudes. C’est dans
un esprit d’ouverture et de confiance que je viens devant vous ». A
son tour Michel Sapin, Ministre du travail a tenu à rassurer tous les
patrons, les grands d’abord : « Aujourd’hui le droit du
licenciement et ses conditions d’application ne sont pas sécurisants pour
les entreprises, on ne sait pas combien de temps va durer la procédure,
combien elle va coûter… ». Pas un seul mot pour défendre les dizaines
de milliers de salariés jetés à la rue ! Moscovici, Cahuzac,
Montebourg etc… 10 ministres ont participé à cette réunion, n’auraient-ils
rien d’autre à faire qu’à voler au secours du patronat ? Un patronat
qui a apprécié leur comportement : « Nous sommes entrés dans une
phase de bonne volonté réciproque» a conclu L. Parisot.
Hollande et le Parti Socialiste
n’ont pas attendu cette rencontre avec le MEDEF pour afficher la leur. Leur
feuille de route, prête dès avant l’élection présidentielle, contenait déjà
l’essentiel de ce qu’attendaient les chefs d’entreprises, l’intégration encore plus complète des
salariés aux besoins du patronat. Le Parti Socialiste avait déjà étudié
de nouvelles possibilités de licencier sans entrave. Il voulait déjà pour
fixer les conditions de travail et des salaires au niveau de chaque
entreprise (finies les conventions collectives et garanties
nationales !). Il approuvait déjà l’idée d’un remplacement accéléré
des CDI par des CDD. On retrouve là ce que le MEDEF appelle « une
nouvelle étape de réforme du marché du travail ». La « bonne volonté réciproque » c’est ça ! Contre
les travailleurs !
Ce n’est pas tout. La
« réforme » du financement et des prestations de la Sécurité
Sociale, la reprise de la « discussion » sur la réforme des retraites
doivent avoir lieu dans les semaines qui viennent. C’est « un
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nouveau modèle favorable à la
compétitivité des entreprises » a déclaré Ayrault devant les patrons
du MEDEF.
D’un côté le patronat, Hollande et le gouvernement
socialiste, qui veulent nous imposer dès demain d’énormes sacrifices
supplémentaires, de l’autre les travailleurs et tout le peuple.
Seule une riposte populaire de
grande ampleur bloquera ce qui se prépare et imposera des changements. Les
travailleurs, tous les salariés et le peuple doivent, dès maintenant, agir
ensemble contre le patronat et ceux qui le servent où qu’ils soient, dans
le gouvernement, dans les syndicats ou dans les partis politiques.
Où en sommes-nous aujourd’hui
Partout en Europe et en France
aussi des actions ont lieu dans les
entreprises et se développent malgré les obstacles qu’elles rencontrent, en
particulier ceux venant des directions nationales des syndicats. On relève
cependant dans la CGT une pression plus forte, venue de la base, pour que
la direction nationale défende plus efficacement les revendications des
syndiqués. Elle vient d’annoncer une journée de mobilisation le 9
octobre « pour la défense de
l’industrie et de l’emploi » avec plusieurs manifestations dans les
grandes villes. Lors de la réunion de rentrée à Montreuil, plusieurs
responsables des départements, s’appuyant sur la volonté de lutte des
salariés, ont demandé avec force que cette journée soit transformée en
journée de grève interprofessionnelle, ce qui n’a pas été approuvé par les
dirigeants nationaux.
Bien que limité, l’appel de la
CGT a fortement irrité Chérèque et les dirigeants de la CFDT. C’en est trop
pour eux. Chérèque qui est contre
toute action reproche à la CGT d’appeler
à cette journée de mobilisation. Qu’attendent la CFDT et les autres
syndicats pour appeler à leur tour à
agir et à faire du 9 octobre la grande journée nationale d’action unie qui
marquerait profondément la situation.
La force de cette journée revendicative va finalement
dépendre de la participation massive des travailleurs à des actions de haut
niveau, y compris la grève partout où c’est possible.
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