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«Postes, conditions
de travail, moyens… la pire des rentrées », tel est le titre du
communiqué du syndicat SUD-éducation, qui n’est certes pas une organisation
qui remette en cause le système ou fasse trembler le Capital.
La
douce illusion du changement a déjà vécu. Le tour de passe-passe tenté par
le gouvernement, « on ajoute mille postes », est sans effet face
à la réalité, il y a quatorze mille
enseignants de moins cette année que la précédente. Dans le premier degré, les RASED
sont agonisants, les remplaçants solitaires au milieu du désert, les élèves
toujours plus nombreux dans les classes, les consignes toujours aussi
impératives, la hiérarchie toujours aussi présente et les élèves des
milieux populaires encore plus maltraités. Dans le secondaire, les non
titulaires sont au rebut et au chômage, les stagiaires ont des
heures supplémentaires, les effectifs des classes explosent.
La
machine idéologique est elle aussi en marche, et à vitesse accrue. Cet été
le ministère a soi-disant organisé la concertation afin d’élaborer une
nouvelle loi d’orientation de l’Ecole, pour montrer sa différence avec le
précédent. Il est vrai que quand on mène la même politique, il faut pour
attirer le chaland électeur, essayer des différences de forme.
Las,
même sur la forme, c’est pareil, si ce n’est pas pire. La grand-messe de
l’été a deux buts : instrumentaliser les
associations et les syndicats et se trouver quitte de la consultation des
personnels. Mais, fondamentalement,
tous les acteurs, comme on dit, sont appelés à valider une orientation qui
s’inscrit totalement dans la ligne de la précédente loi d’orientation,
celle de Fillon en 2005.
L’exemple
type est le socle commun. Le socle commun, c’est une école du minimum
suffisant et indépassable pour les enfants des milieux populaires :
l’OCDE
l’a écrit, la France a besoin d’emplois peu ou pas qualifiés. C’est
l’uniformisation des consciences, le formatage maximum ;
c’est le flicage des élèves et des enseignants ; c’est la
parcellisation des savoir-faire ; c’est réserver l’accès au savoir à
une élite et tout faire pour empêcher les autres d’y parvenir. Eh bien,
malgré l’opposition de quelques syndicats minoritaires (la CGT, SUD) ou
même majoritaire dans leur secteur (le SNES), les réticences de
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quelques autres (FO),
c’est décidé, on continue. La future loi décidera de comment mettre en
place ce fameux socle commun.
En outre, le
gouvernement a décidé de se passer de la consultation des personnels, et,
cela est une première :
les précédentes lois d’orientation, même celle de Fillon, avaient été
précédées d’un temps assez long au cours duquel les collègues enseignants
avaient pu donner leur avis, même si les gouvernants n’en avaient pas
vraiment tenu compte.
Il se confirme
donc ce que nous disions depuis le début. Hollande et Sarkozy ne sont que
les deux faces d’une même pièce. Les capitalistes, qui sont prévoyants, ont
toujours plusieurs fers au feu. Mais la politique est la même, quel que
soit le fondé de pouvoir de la bourgeoisie, qu’il s’appelle UMP ou PS.
Cette
rentrée catastrophique ne semble pas vraiment émouvoir la gauche de la
gauche, qui apprécie les mesures positives sans les citer (normal, il est
assez difficile de les trouver). Le plus bel exemple est celui de
l’éditorial du président de la FCPE,
proche de la gauche du PS mais dirigeant une organisation où le Front de Gauche
compte. Jean-Jacques Hazan nous indique donc que « Il était temps que
soit annoncée une autre vision politique de l’école. », mais aussi que
« Il y a urgence, mais pas seulement pour l’année qui vient, il y a
urgence pour la rentrée 2013 » Voilà
comment passer en pertes et profits la pire rentrée scolaire depuis 1945 !!!
Dans les salles
des professeurs, les uns sont maussades, d’autres grognent, beaucoup râlent
L’état de grâce de Hollande et de sa clique ne va pas durer. Evidemment
tout est fait par les directions syndicales pour que ce malaise ne se
traduise absolument pas par la grève. Pourtant, lors de cette rentrée comme
lors des précédentes, des écoles étaient fermées parce que les enseignants
grévistes réclamaient l’annulation d’une fermeture ou une ouverture de
poste. Dans l’éducation nationale comme ailleurs,
seule la lutte permettra d’avancer, de gagner sur des revendications. Communistes est et sera solidaire et
partie prenante de toutes les luttes, de tout ce qui permettra de les unir.
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