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«Dimanche 9 septembre, Hollande est intervenu sur TF1 pour
dire qu’il voulait rendre le marché du travail « plus souple ».
« Assouplir le marché du travail », on sait ce que ça veut dire : réduire encore plus les droits des salariés
dans leur entreprise mais également dans leur vie de tous les jours. Une « refondation
équilibrée » du marché du travail qui évite la « surréglementation ».C’est cela que veut Hollande. Les droits des travailleurs seraient- ils trop importants ?
Il sait pourtant bien qu’aujourd’hui 9 salariés sur 10 sont embauchés en
CDD, que les licenciements (appelés pudiquement « plans
sociaux ») frappent de plus en plus fort, que le chômage atteint des
records.
Pour Hollande et les siens le seul moyen de faire face à « la
gravité de la situation de l’emploi » c’est de réduire encore les
droits des travailleurs. Comme si c’étaient eux les responsables de la crise du capitalisme !
Michel Sapin est ministre
socialiste du travail. Il vient d’envoyer aux « partenaires
sociaux » le document qui servira de base à la prochaine négociation pour
« refondre le marché du travail ». Ce document est une copie de ce
que Sarkozy avait adressée aux mêmes acteurs en 2007 pour « baliser la
modernisation du marché du travail » 2007 – 2012, 5 ans plus tard on
peut mesurer les résultats, la situation s’est nettement aggravée.
Ce n’est pas suffisant pour le
capitalisme. Le nouveau gouvernement
à son service propose aux « partenaires sociaux » de se lancer
dans une réforme du licenciement économique qui aille bien plus loin que celle de Sarkozy. Le document
souligne, qu’il n’est pas question de « revenir à l’autorisation
administrative de licenciement » qui existait il y a
encore quelques années. C’est clair non ?
« Il faut baisser le coût
du travail, c’est un facteur de perte de compétitivité » a déclaré
Hollande à TF1. Comment? En exonérant de façon beaucoup plus importante encore les cotisations sociales des entreprises– de 30
à 50 milliards d’euros- par une
hausse de la CSG ! payée les
travailleurs, les retraités, le peuple. Gallois, l’ancien président de E.A.D.S.
est chargé d’une mission sur la « compétitivité des entreprises ».
Il doit
présenter un rapport sur cette question qui
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met directement mis en cause le code
du travail. Le gouvernement prépare pour la fin de l’année la réforme du
financement de la protection sociale avec de nouvelles attaques contre
la Sécurité Sociale et le système des retraites. Le budget 2013 prévoit 10
milliards d’impôts supplémentaires payés par les ménages, il prévoit le
blocage des salaires dans la fonction publique…
Le MEDEF est content. L. Parisot salue « un schéma
de négociation ouvert, répondant aux vœux de simplification et de souplesse
des entreprises…
Qui prend en compte les impératifs demandés pas les entreprises pour leur
permettre de s’adapter aux évolutions de l’économie ».
Qu’en pensent les syndicats des salariés ?
Une fois de plus il faut relever
le comportement de Chérèque l’actuel dirigeant de la CFDT. « Le gouvernement met en place des
mesures utiles que nous soutenons » a-t-il déclaré. C’est encore
lui qui parle d’ « une véritable modernisation du
capitalisme ». Que pensent les travailleurs de France de telles
déclarations au service du patronat ?
Pour J.C. Mailly de FO, la
négociation sera « très difficile ». Il se garde bien d’appeler à
l’action.
La CGT prévient qu’elle restera
« attentive » car le texte « ne fermerait pas la porte aux
revendications patronales ». Poussée
par l’exigence de lutte dans de nombreuses entreprises, elle appelle à la
mobilisation et à des manifestations le 9 octobre journée européenne pour
l’industrie et l’emploi. Elle n’appelle pas à la grève. Pourtant, des
entreprises appellent à des arrêts de travail. Il
faut faire de cette journée une grande journée d’action interprofessionnelle
dans toute la France.
Une fois de plus nous vérifions
que tout va dépendre des luttes que vont mener ensemble les salariés. Ces
luttes contraindront les dirigeants de leurs centrales syndicales à
modifier leur attitude.
La lutte, seule la lutte,
Hollande a
appelé les syndicats et le patronat à conclure « un compromis
historique ». Ce rêve des exploiteurs sera balayé par la lutte des
salariés, du
peuple, contre le patronat et le nouveau gouvernement à son service.
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