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Nous l’avons plusieurs fois écrit dans nos
articles précédents, le capital veut aller plus vite et taper plus fort
dans sa recherche de profits.
Tout est en place pour cela : un
gouvernement à son service, des syndicats
« partenaires sociaux » engagés dans des
« négociations » avec lui et le MEDEF sur des thèmes touchant tous les
secteurs de la vie sociale du pays.
Encouragée
par le vote récent des députés socialistes et de leurs complices de
droite sur le traité européen L. Parisot (la patronne du MEDEF) se sent
pousser des ailes et projette de maitriser totalement le budget de l’état.
Tous ces signes d’allégeance au capital incitent les patrons à
se montrer encore plus revendicatifs. S’appuyant, avec des trémolos dans la voix sur une situation
économique et sociale dramatique pour les travailleurs, le patronat et la présidente du MEDEF qui sont à l’origine de cette situation
jugent la situation « gravissime » et demandent que
« des décisions en faveur de la compétitivité soient prises
d’urgence ».
Dans un entretien au journal « Le
Figaro », L. Parisot propose quatre pistes pour un « choc de
compétitivité » qu’elle chiffre à 50 Milliards pour les deux
prochaines années en accord avec L. Gallois, rapporteur du gouvernement
socialiste sur ce dossier.
- Baisse des « charges
patronales »,
- Baisse des « charges
salariales »,
- Augmentation de la CSG,
- Augmentation de la TVA.
On s’en doutait, ce « choc de compétitivité » ne
servirait qu’à venir gonfler les profits en puisant dans les poches du
peuple.
Rappelons au passage que ce que les patrons
appellent « charges »,
sont les cotisations extraites du travail salarié et utilisées pour
financer la protection sociale (sécurité sociale, logement, chômage…). Les
« charges » n’existent donc pas.
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Mais au-delà de l’entreprise, les patrons
en veulent plus : «Il faut s’attaquer immédiatement aux dépenses
publiques pour retrouver notre compétitivité » déclare L. Parisot. Les
« dépenses publiques » qu’elle veut attaquer immédiatement
concernent les services publics
comme la santé, l’éducation, les
services de l’état, la gestion des communes et des territoires.
Le ton est donné, le capital veut
s’approprier le budget de l’état.
Denis Kessler (ancien vice-président du
MEDEF, aujourd’hui patron de la SCOR) est plus précis. Dans un entretien au
journal « Les Echos », il déclare : « Quand va-t-on
avoir le courage de recréer un état moderne (…) ?, le nôtre est
dépassé, tout est à refaire. Il faut repenser toutes nos organisations
collectives, leurs missions, leur fonctionnement, leur financement :
justice, Sécurité Sociale, éducation… ». « Il n’y aura pas de
retour à la croissance durable sans une refondation de la sphère publique
et sociale. C’est ce qu’ont commencé à faire l’Espagne et l’Italie avec
courage ». Les peuples de ces pays apprécieront…
Jean-Claude Volot, candidat à la succession
de L. Parisot, pousse encore plus loin la réflexion : « Il faut
inverser le rapport de force avec les pouvoirs publics et mettre les
entreprises au sommet de la pyramide (de l’état), passer de la position de
demandeur à celle de demandé » et il poursuit : « Ce qui
compte, c’est l’environnement de l’entreprise… Or aujourd’hui, il n’est pas
pensé par les entreprises elles-mêmes mais par l’état ».
On sait depuis longtemps que les états sont au service du
capital, mais là il s’agit de s’emparer totalement des budgets nationaux
pour accumuler des profits. Le gouvernement socialiste le sait, il est
complice.
Le mécontentement populaire et les luttes
qui se développent les empêchent d’aller plus vite. Il faut les développer
sans attendre, la situation actuelle l’exige absolument.
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