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N°26  Semaine du 10 au 16 septembre 2007

 

Une nouvelle crise financière

Une nouvelle fois le monde a été secoué par une crise financière. Rien de surprenant à cela. Ces crises ont pour origine le système capitaliste lui-même, sa recherche permanente du maximum de profit dans le minimum de temps. La spéculation financière est un des moyens pour arriver très vite à ce résultat.  Les masses de monnaie en circulation, qui n’ont rien à voir avec la production des richesses matérielles, dépassent l’imagination. Ainsi :

 

-  la capitalisation boursière en France dépasse le produit intérieur brut (2038 milliards € contre 1.777), elle représente environ six fois le budget annuel de l’état.

   -  dans le monde, cette même capitalisation représente trois fois la valeur des richesses mondiales d’une année de production, alors que capitalisation et richesses produites étaient à égalité en dans les années 80.

 

C’est à partir de cette réalité qu’une crise financière a éclaté au mois d’août aux USA. Crise que les spécialistes financiers annonçaient depuis plusieurs mois. L’origine en est le prêt pour l’achat de leurs logements à des taux très élevés proposés par des sociétés de crédits à des familles aux revenus très faibles.  Ce système qui rapporte gros ne peut naturellement  fonctionner que pendant un temps avant  la chute. C’est ce qui s’est produit, entraînant la faillite des sociétés de crédits, mettant les banques qui en étaient actionnaires en difficulté plus ou moins grandes suivant leurs degrés d’engagement.  Par un effet de contagion, l’ensemble du système financier mondial était menacé. La banque centrale des USA, celle de l’union européenne ont réagi très vite à cette menace pour le système capitaliste lui-même. Alors qu’elles s’opposent avec virulence à l’idée de toute augmentation de salaires, qu’elles remettent en cause au nom de la compétitivité les acquis sociaux, elles n’ont pas hésité un seul instant à injecter dans le système financier 130 milliards de $ pour l’une, 115 milliards € pour l’autre. Dire que les états, l’Europe sont au service du capital n’est pas un procès d’intention mais bien un fait indiscutable. Les Bourses de tous  les pays ont plongé, entraînant un nouveau gaspillage de richesses qui seront récupérées sur le dos des peuples.

           

La France n’est pas à l’abri des conséquences. Fidèle à ses habitudes, le gouvernement s’emploie  à rassurer les Français sur les conséquences de cette crise. D’après la ministre des finances, C. Lagarde la France ne serait que très peu touchée et qu’il n’y aurait pas d’inquiétude à avoir. Comme si la France était en dehors de la mondialisation, comme si les banques ne participaient à la spéculation. Le journal « les Echos » qui s’adresse, lui, aux milieux d’affaires n’a pas la même approche. Il écrit le 17.08. « l’accalmie reste précaire sur les marchés financiers ». Avec juste raison, il remarque que les causes qui sont à l’origine de la crise demeurent. Les USA d’abord où la crise des crédits impayés se poursuit et où un à trois millions d’Américains risquent d’être jetés à la rue, après les 550000 qui l’ont déjà été.  Mais aussi en France où les mêmes causes peuvent avoir des effets semblables. En juillet l’Observatoire du financement des marchés résidentiels notait que « la solvabilité des ménages a atteint son plus bas depuis les années 2000 », résultat de la spéculation immobilière, des  taux d’intérêt élevés, avec hausse des prix qui conduit à  une baisse du pouvoir d’achat.  Ce qui explique la réunion du 30 août entre F. Fillion et les banques. Réunion qui n’a débouché sur rien de concret, les banques ne s’engageant pas sur l’avenir pour le maintien des taux d’intérêt et du crédit.

 

Quant à N. Sarkozy, fidèle à lui-même, il écrit, pour demander plus de transparence du système financier. Rien d’original. D’autant qu’il n’en indique pas le mode d’emploi… dommage. C’est la même chose à chaque fois. Et cela continue comme avant. Le système n’a rien à faire de ce genre de demandes juste bonnes à faire croire qu’il se soucie de la défense  des intérêts du peuple. Cet activisme ne peut masquer les réalités : cette politique est au service du capital et de lui seul. En lui réservant un accueil enthousiaste à leur université, les patrons remerciaient Sarkozy de tout ce qu’il faisait pour eux.

 

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