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Le gouvernement
n’a pas perdu de temps, le capital veut aller vite. Dès lundi, jour de
remise du rapport Gallois, Hollande, du Laos où il participe à la réunion
du sommet Europe Asie a déclaré : « pour améliorer la
compétitivité des entreprises, des décisions fortes seront prises par le
gouvernement ».
Des décisions
fortes, en effet : 30 milliards
de cadeaux supplémentaires au capital pour accroître ses profits, payés par
le peuple qui subira une nouvelle régression sociale.
« Une
réduction d’impôts pour investir et créer des emplois » affirme
Ayrault.
Faux, précise le
journal financier « Les Echos » : « les réductions
d’impôts ne sont pas conditionnées, les entreprises pourront utiliser cette
manne comme elles l’entendent. Investir mais aussi restaurer leurs marges,
augmenter les salaires ou les dividendes aux actionnaires ». On peut
leur faire confiance, par exemple, en 2012 les entreprises du CAC 40 vont verser plus
de 38 milliards à leurs actionnaires et les salaires sont bloqués, ils
régressent. En 30 ans, dans les entreprises non financières (industrielles
et de services) la masse salariale a été multipliée par 3,6 alors que dans
le même temps les dividendes versés aux actionnaires ont été multipliés par
20 ! Le creusement des inégalités s’accélèrent et deviennent
insupportables.
Ces 30 milliards
s’ajoutent aux 200 milliards annuels déjà octroyés aux entreprises :
réductions de cotisations, d’impôts, suppression de la taxe professionnelle.
Avec ces
nouvelles mesures du gouvernement, le peuple va passer deux fois à la
caisse :
*par
l’augmentation de la TVA. Dans les recettes du budget de l’Etat 2012 (270
milliards au total), la TVA représente déjà 136,7 milliards soit plus de 50%.
*par la
réduction de 10 milliards supplémentaires de dépenses publiques qui va
encore dégrader les hôpitaux, l’Éducation, les collectivités.
Pas étonnant que le patronat s’estime
globalement satisfait. « Nous avons été entendus » s’est félicitée
L. Parisot.
Et ce n’est
qu’un début. Ayrault, sur la base d’un rapport commandé au
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Haut conseil de
la protection sociale qui comprend les « partenaires sociaux »,
patronat et syndicats, prépare une réforme du financement de la protection
sociale, Sécurité Sociale et retraites.
Les
collectivités locales elles, verront leur dotation réduite d’année en
année, de 750 millions en 2014 et de 1,5 milliards en 2015. Ce sont les
populations qui en subiront les répercussions.
Le 15 novembre
sera rendu public le rapport des organisations syndicales et du MEDEF sur
les mesures à prendre pour la « compétitivité » des entreprises,
qui ne présagent rien de bon pour les salariés.
L. Gallois dans
son rapport, pour justifier les milliards de cadeaux aux entreprises,
dresse un réquisitoire, approuvé par Ayrault du recul industriel de notre
pays. Il en accuse, « le manque de compétitivité dû au coût du travail
trop élevé ».
En 30 ans
l’industrie française a perdu 2.100.000 emplois, son poids dans la richesse
nationale est passé de 25 à 13,5%, des industries entières ont pratiquement
disparues, des entreprises aujourd’hui continuent de fermer.
La raison,
l’unique raison : c’est que les richesses produites ont été accaparées
par le capital pour augmenter ses profits, détournées vers la spéculation,
les fusions acquisitions, les concentrations capitalistes mondiales. Les
capitalistes ont délocalisé les productions vers les pays « a bas
coûts » allant exploiter au maximum les salariés dans le monde.
La solution
existe pour réindustrialiser la France, créer des centaines de milliers
d’emplois : rappelons ce que nous avons écrit (notre article du 3 février 2012) :
il faut prendre les sommes indispensables sur les 950 milliards de
richesses produites chaque année par les salariés pour investir dans la
production, dans la recherche, l’innovation, la formation, pour augmenter
les salaires. Les richesses sont produites par salariés, elles doivent leur
revenir.
Pour engager une
politique de développement industriel, de l’emploi, de progrès économique
il faut s’attaquer au pouvoir des multinationales. Il faut leur reprendre
les moyens de productions au capital.
Pour bloquer la
politique de régression sociale du gouvernement socialistes il faut
développer l’action tous ensemble, partout.
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