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Pour parvenir à ses fins (l’accumulation de
profits), le capital a toujours utilisé les mêmes recettes : diviser
la classe ouvrière, l’empêcher de s’organiser, l’intégrer dans la gestion
de ses objectifs.
Les luttes sociales ont permis aux
travailleurs de faire face, de s’unir et s’organiser en syndicats,
d’arracher des acquis sociaux considérables. Mais le capitalisme est resté,
il n’a jamais été chassé, ses objectifs n’ont pas changés, ce qui a été
cédé par les luttes, il tente de le récupérer le plus vite possible en
fonction des rapports de force.
En 30 ans, la situation de la classe
ouvrière s’est fortement dégradée, le capital s’est mondialisé, les profits
ont explosé au prix de graves conséquences sociales.
Pauvreté, précarité, chômage, bas salaires,
pénibilité du travail, services publics détruits, entreprises publiques
aujourd’hui aux mains de multinationales, l’antagonisme entre capital et
travail prend tout son sens.
Le capitalisme est en crise, confronté à la
recherche de nouvelles sources de profits et vite, il a besoin d’un état à
sa botte (c’est fait), et de paix sociale pour accentuer l’exploitation du
peuple. Il a la hantise des luttes, seul moyen pour les travailleurs pour le faire reculer. Les
partis politiques et les syndicats sont donc au centre des rapports de
force à construire.
Pour ce qui concerne les partis politiques,
nous savons depuis longtemps qu’aucun ne remet en cause le système
économique existant. Le capitalisme est leur système, leurs «
différences » ne concernent que le rythme de son développement.
Les dernières mesures d’austérité prises
par le gouvernement Hollande sont partagées par le MEDEF et la droite et
aucun parti politique ne cible le capitalisme comme étant la cause
fondamentale responsable de la situation économique et sociale.
Les centrales syndicales qui ont pour rôle
(théoriquement) la défense des intérêts des travailleurs, ont depuis
longtemps délaissé le terrain des luttes pour celui des « négociations
permanentes» avec le patronat et le gouvernement. Ce qui a pour
conséquences d’importants reculs sociaux comme la retraite, la flexibilité
du travail, l’emploi, le droit du travail, la formation…
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La CFDT comme toujours, est à la pointe de
cette démarche, elle approuve toutes les décisions du MEDEF et se dit
« satisfaite » du plan d’austérité du gouvernement :
« Le crédit d’impôts est une bonne idée » déclare-t-elle, le
« coût du travail est un problème pour la compétitivité des
entreprises », on ne peut pas être plus clair.
J.-C. Mailly de Force Ouvrière n’en pense
pas moins, il est également « plutôt satisfait », et il ajoute
que la hausse de la TVA lui semble « raisonnable ».
La CGT, réunie les 6 et 7 Novembre en
Conseil National a consacré essentiellement les deux jours de ses débats à
la préparation de son futur congrès.
Dans un communiqué, publié après sa
réunion, elle « conteste fortement les volets essentiels du dispositif
du gouvernement » Soit !!
« C’est inacceptable » dit-elle
en dénonçant avec juste raison la baisse du pouvoir d’achat due à la hausse
de la TVA, la dégradation de la qualité des services publics, les nouvelles
aides aux entreprises, les dividendes versés aux actionnaires…Très
bien !!
Mais lorsqu’il s’agit d’en tirer les
conclusions, elle ne dit rien sur les causes de ces mesures.
Au contraire, elle appelle à « lutter
contre la spéculation en mettant à contribution les revenus financiers des
entreprises et des particuliers ». Elle appelle également à manifester
le 14 Novembre pour une « Europe sociale », contre les plans
d’austérité en Europe, elle n’appelle pas à la lutte de classe contre les
objectifs du capital et du gouvernement partout tous ensemble. On est loin
du niveau des luttes nécessaires et de leur développement pour leur faire
échec.
La classe ouvrière a besoin d’un
syndicalisme de lutte de classe Il n’y a pas de social sans luttes.
Développer les luttes de plus en plus fortes tous ensemble est urgent.
Le syndicalisme français a fait le choix
politique du « dialogue social » avec les patrons et le
gouvernement à leur service.
Les luttes peuvent changer la donne,
construire un syndicalisme de classe va dépendre de leur niveau partout dans les entreprises.
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