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Jeudi 13 Novembre, pendant plus de 2h 30, F.
Hollande a confirmé ses choix politiques au cours d’une conférence de
presse télévisée.
Dès le début de cette mise en scène
médiatique, il déclare « l’alternance change le pouvoir, mais pas la
réalité », autrement dit, et pour ceux qui en douteraient
encore : nous sommes au pouvoir pour gérer le capitalisme.
Nous l’avions dit avant, pendant et après
les élections présidentielles et législatives, le capital à trois fers au
feu, la droite, le PS et le FN, il n’y a rien à attendre de ces élections
quel que soit le parti au pouvoir.
Lors de cette conférence de presse, rien
sur la cause des plans d’austérité imposés au peuple, rien sur les
salaires, le pouvoir d’achat, les profits réalisés, les dividendes versés.
Toute l’émission a été consacrée à
justifier les mesures prises contre les travailleurs.
Le « pacte de compétitivité » (30
Milliards de cadeaux aux patrons) correspond à « une baisse de 6% de
la masse salariale et concerne toutes les entreprises » déclare
Hollande en ajoutant sans rire « c’est un moyen pour les travailleurs
de traverser la crise » !!! Cela traduit la volonté du pouvoir
capitaliste à faire payer la « crise » au peuple.
Mais ce n’est qu’une étape, Hollande et son
gouvernement veulent aller plus loin. Appelant sans cesse au
« dialogue social », il souhaite « un accord
historique » sur le financement de la protection sociale. Nous
connaissons déjà le contenu de cette « coopération de toutes les
forces productives salariés-employeurs » consistant à baisser le
« coût du travail » par l’augmentation de la CSG. Le pouvoir sait
qu’il peut compter sur les « partenaires sociaux » pour y
parvenir.
« Ce que le gouvernement précédent n’a
pas voulu faire, nous nous engageons à le réaliser » dit-il. Nous n’en
avons jamais douté.
- C’est
le cas de la réforme de l’Etat, engagée par Sarkozy. Hollande compte aller
plus loin. Il annonce 60 Milliards d’économies
sur les dépenses publiques, ce qui signifie : réduction des effectifs
de la fonction publique, gel des salaires, réforme de la protection sociale
(Sécurité Sociale, retraites), réduction drastique des dotations aux
collectivités locales, accélération de la casse des services publics avec
ses conséquences sociales.
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Après avoir supprimé la TVA de Sarkozy, il
annonce déjà une augmentation de celle-ci. Par ailleurs, il annonce une « refonte
de la TVA » qui permettra de nouvelles augmentations, ce qui revient
de nouveau à faire payer le peuple en changeant la forme mais avec le même
résultat.
Rien sur la casse industrielle qui se
poursuit et s’accélère, rien sur le chômage de masse, la précarité, la
pauvreté qui s’étend. C’est vrai qu’il n’était pas là pour ça, il faut
« rassurer les marchés » et il appelle à « la mobilisation des
banques ».
Interrogé sur les mouvements sociaux en
Europe, F. Hollande déclare avoir rencontré la présidente de la
Confédération Européenne des Syndicats « tous sont d’accord
(l’ensemble des syndicats européens) pour instaurer un dialogue social
européen pour une autre Europe » a-t-il répondu, confirmant ainsi
l’engagement des syndicats à ne pas s’attaquer au capital et à maîtriser
les luttes pour le gérer dans la « paix sociale ».
Mais les luttes se développent, le
« dialogue social » a ses limites. Les travailleurs d’Espagne, du
Portugal ont décidé de la grève générale le 14 Novembre, en Italie, en
Grèce, en Grande Bretagne, en France, des manifestations et arrêts de
travail contre l’austérité ont eu lieu, des mouvements de grève se
poursuivent partout en Europe sur les salaires, l’emploi, les retraites,
les services publics. C’est la seule voie possible et les travailleurs
commencent à en prendre conscience.
Répondant aux questions de politique
internationale, Hollande est dans la ligne des grandes puissances
capitalistes, il soutien et favorise les interventions militaires présentes
et à venir (ce qu’il souhaite), que ce soit en Afrique ou au Moyen Orient,
refuse l’entrée de la Palestine à l’ONU et confirme son adhésion à l’OTAN,
bras armé du capitalisme mondial.
Nous reviendrons plus en détail sur ces
questions, l’augmentation des budgets militaires, les multiplications des
conflits armés, les interventions qui se préparent sont au centre de la
concurrence capitaliste et font peser de graves menaces sur l’ensemble de
la planète.
Hollande a démontré sa totale dévotion au
capital national, européen et mondial, les luttes doivent se développer
partout et sans attendre, c’est la condition incontournable pour stopper
les plans d’austérité et satisfaire les besoins des travailleurs.
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