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A peine l’accord de
régression du marché de l’emploi signé entre trois syndicats
minoritaires (CFDT-CFTC-CGC) et le patronat, Renault passe aux
actes.
Il annonce 7.500 suppressions d’emplois, en réalité 8.200 en
comptant le reliquat des mesures précédentes. Il parle de non remplacement des départs en
retraite ou en préretraite. C’est une nouvelle saignée qui,
si elle se réalise, amènera les effectifs de Renault en France à
36.800, alors qu’ils ne cessent de croître dans le reste du
monde.
C. Ghosn brandit la menace : si les
syndicats ne se couchent pas devant ses exigences, se sera la
fermeture de sites. Il faut que les syndicats signent
« l’accord de compétitivité » qu’il veut imposer aux
salariés. (voir
notre article dans l’hebdo N° 279). C’est ce que
le patronat appelle la «négociation entre partenaire ».
A chaque séance de « négociation »
des exigences nouvelles
Avec ces suppressions
annoncées c’est 400 millions qu’elle compte empocher. Elle veut y
ajouter des sacrifices en
matière de salaires. Après ses exigences sur la mobilité et la
flexibilité, la direction
Renault exige que les salariés voient leur temps de travail
augmenté de 6,5% soit un profit supplémentaire de 60 millions par
an.
Louis Renault avait
été surnommé le ‘’saigneur de Billancourt’’. La direction
actuelle de Renault suit le même chemin.
La firme compte sur
une production en France de 630.000 véhicules soit 100.000 de
plus qu’en 2012 avec moins de personnel. Une aggravation brutale
des conditions de travail. Elle bénéficie du soutien du
gouvernement, actionnaire de Renault, pour faire passer son plan.
Celui-ci « ne juge
pas inacceptable » le plan de Renault.
Le profit, toujours le profit
Pourtant, Renault
continue à faire du profit. Renault- comme tous les grands
groupes capitalistes- ne s’en tire pas si mal en cette année soit
disant catastrophique pour les constructeurs auto. Pour les six
premiers mois de l’année il réalise 482 millions de profit.
Rappelons qu’il dispose d’une trésorerie de 11 milliards d’euros
et qu’il a distribué en dix ans 6,5 milliards de dividendes. Les
moyens financiers ne manque pas pour augmenter les salaires et embaucher, pour améliorer
les conditions de travail et l’investissement productif.
La CFDT de Renault est
satisfaite, elle estime comme le
gouvernement ces propositions acceptables.
La CGT dénonce ce plan et annonce qu’elle ne
signera pas l’accord avec la direction.
FO « on ne s’attendait pas
à ces mesures ».
L’action
Dès l’annonce de cette
nouvelle vague de suppression d’emplois des débrayages ont eu lieu
dans plusieurs sites, à Douai, Flins, Sandouville. (ce sont les actions connues au moment où nous écrivons cet
article, il y en aura d’autres).
L’action, c’est le
seul moyen pour mettre en échec les projets de la Direction.
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