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En 2012 les
Prud’hommes reconnaissaient à 371 salariés
de Valeo Amiens le préjudice
d’anxiété lié à leur exposition à
l’Amiante. Cette juridiction paritaire
allouait 15 000 € aux salariés qui ont respiré
des particules d’Amiante reconnues
cancérigènes et dont
les chances de survie en cas de déclaration
de la maladie sont estimées entre 10 et 15
% !!!
Mais c’était
sans compter sur la pugnacité morbide du Groupe
Valeo qui a fait appel de la décision du
jugement. Jeudi 21 ils étaient plus de 300
ex-salariés à attendre dans le froid et de
passer à la fouille avant de pouvoir entrer
dans le Palais de Justice d’Amiens. Il est
bien connu dans notre société actuelle que
les voyous sont toujours les salariés qui
demandent justice et qui sont susceptibles
de porter sur eux des objets prohibés dans
les lieux publics. Seulement 50 personnes
ont pu entrer dans la salle d’audience
et
les autres sont restés dans les
couloirs faute de places.
Le Juge de la
Cour d’Appel rendra son jugement le 27
juin, sachant que jusque là des salariés
actifs, préretraités ou retraités seront
décédés dans l’intervalle.
Il faut savoir
qu’interdite en France depuis 1997
l’Amiante est encore présente en masse dans
les constructions (appartements
sociaux, hôpitaux, gares, écoles, bateaux,
universités comme par exemple à Jussieu,
etc…)
900 000
travailleurs sont potentiellement exposés à
cette fibre cancérigène, les plus exposés
étant ceux des chantiers de désamiantage
(entre 2000 et 5000 personnes « officiellement ») ce qui
est très largement en dessous de la vérité.
3000 personnes décèdent annuellement des
cancers dus à l’Amiante et 100 000 sont
condamnées d’ici à 2025.
Nos
politiques,
de droite ou de gauche
culpabilisent les salariés. Les
malades de l’Amiante ou susceptibles de
l’être disent,
appliquons en France le Jugement du
Tribunal de Turin qui a condamné l’année
dernière à 16 ans de prison ferme
le Suisse Stephan Schmidheiny et le Belge
Louis de Cartier de Marchienne, les deux principaux
actionnaires d’Eternit, la multinationale
de l’Amiante-ciment.
Les
Associations de Défense des Travailleurs de
l’Amiante et des syndicats CGT comme chez
Valeo demandent au Gouvernement français de
maintenir en place la juge d’instruction
Madame Bertella-Geffroy et de lui donner
les moyens nécessaires afin de terminer
l’instruction du dossier Amiante cette
année et que justice soit enfin rendue aux
victimes françaises qui attendent un procès
pénal depuis 16 ans.
N’y a-t-il pas
cause à effet quand la Ministre socialiste
de la Justice Christiane Taubira botte en
touche et sollicite l’avis du Conseil
Supérieur de la Magistrature avant de se
prononcer sur la mutation de la Juge
d’Instruction ? Il faut savoir que la
Juge ne dispose que d’un officier de police
judiciaire pour enquêter alors qu’en Italie
30 personnes sont affectées aux dossiers
sur l’Amiante !!!
Pour les Valeo
Amiens, le délai est de quatre mois pour
avoir le jugement de la Cour d’Appel. D’ici
cette date, combien de salariés contaminés
par ce poison déclaré auront-ils contactés
le mésothéliome, des plaques pleurales ou
l’asbestose ?
Combien d’entre
eux seront-ils décédés des suites de ces
cancers alors que Valeo continue
d’engraisser comme à
son habitude les actionnaires assassins ?
Il faut exiger la
justice, rien que la justice.
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