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Les bien
nommés « partenaires sociaux » viennent de s'entendre sur
le dos des salariés et des retraités. L'accord qu'ils ont conclu va
appauvrir un peu plus 18 millions de salariés et 11,5 millions de retraités du secteur privé au
seul profit d'une minorité, le capital dont les intérêts étaient
représentés par le MEDEF. Le gouvernement a veillé particulièrement
à ce que cet accord corresponde à ses projets.
Gouvernement et
MEDEF voulaient une baisse des pensions versées aux
retraités. Ils ont obtenu satisfaction. Malgré l'inflation
officielle de 1 %, les retraites complémentaires ne vont
augmenter que de 0,5 %, soit 0,5 % (selon l'indice des
prix sous estimé) de baisse de pouvoir d'achat des retraités qui
s'ajouteront aux 0,3 % ponctionnés dès le mois de mai.
Toutes les organisations syndicales voulaient
une hausse des cotisations versées aux régimes des retraites
complémentaires. Ils l'ont obtenue. Pour rappel une part de ces
cotisations est prélevée sur le salaire, l'autre part est versée
par les patrons sur les profits qu'ils réalisent et qui sont le
fruit du travail des salariés.
Ces « négociations » qui durent
depuis plusieurs semaines ont permis au gouvernement, au MEDEF, à
l’UMP, au PS et d’autres partis politiques de nous rebattre les
oreilles sur le péril qui menace les retraites, le déficit des
caisses de retraites complémentaires, le vieillissement de la
population etc... Une intox qui a gommé l'existence des fonds de
réserve des dites caisses complémentaires, les pertes de
cotisations dues au taux de chômage (10%) et surtout les profits du
capital. Celui-ci sort
gagnant. La population perdante.
Les confédérations syndicales se sont
compromises encore plus dans la collaboration de classe. Le
représentant de la CFDT comme il fallait s’y attendre a été un
artisan essentiel de cet accord, suivit par celui de FO. La CGT
s'est montrée « réticente » et encore... Quant au
gouvernement, c'est une aubaine pour lui. Son objectif de réserver
cette année le même sort au régime général des retraites est
facilité. Ainsi le nombre d'annuités, l'âge de
départ, le montant des cotisations et celui des pensions vont être
sur la sellette très rapidement.
Mais sur le fond le capital veut faire la peau à
la retraite par répartition de la sécu, la réduire à une peau de chagrin.
Faire la peau également aux retraites complémentaires et imposer
les assurances privées et individuelles sur la base de la
capitalisation. La retraite constitue pour ces assurances une mine
d'or et la misère pour les retraités.
Devant
cette offensive la riposte s'impose, une riposte déterminée, et non
le renoncement programmé des confédérations syndicales comme ce fut
le cas en 2010.
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