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Lundi 18 mars Th. Lepaon a prononcé le discours d’ouverture
du congrès. On aurait été en droit d’attendre du nouveau dirigeant de
la CGT qu’il montre quel est notre
ennemi de classe, quelle stratégie il emploie contre les travailleurs
et le peuple, sur quelles forces il s’appuie. Cette connaissance est
indispensable, les progrès de nos luttes, leur issue même en
dépendent directement.
Les grands groupes industriels et
financiers qui ont la mainmise sur la production et la finance, qui possèdent
l’essentiel du pouvoir économique sont pourtant connus. Ces groupes
portent un nom, ce sont les groupes capitalistes. Le discours de
Lepaon ne contient pas ce mot une seule fois. Il s’agit pourtant
d’une notion scientifique pas d’un gros mot !
Avec Hollande, le PS et leurs amis,
ces groupes disposent d’un gouvernement à leur solde, ce qui
constitue un atout de taille pour mettre en œuvre leur politique. Le
discours d’en dit pas un mot !
Au lieu de cela rien. S‘il évoque
parfois « les projets néfastes du patronat » c’est pour
souligner que « le seul moyen de s’y opposer efficacement c’est
d’élaborer des alternatives concrètes ». La lutte contre, on
verra plus tard… « Je ne veux pas d’une CGT qui se contente de
dire non » a-t-il déclaré au journal financier « Les
Echos ». A son tour « Le Monde » a applaudi :
« la CGT veut s’imposer en étant moins radicale » a-r-il
titré une page consacrée au 50ème congrès.
2087 usines ont fermées en 3 ans,
122.000 postes disparus, 900 sites de production fermés en 2012 (42%
de plus qu’en 2011), 42.000 emplois supprimés en 3 ans dans
l’automobile, 17.000 supplémentaires prévus en 2013 pour Peugeot et
Renault.
Une situation qui s’aggrave de plus
en plus et de plus en plus vite dans tous les domaines. A tout cela
il faut dire NON et agir
pour mettre cette politique en Echec. Il faut amplifier, encourager, coordonner
les luttes convergentes qui se construisent autour des Goodyear, PSA-Aulnay, Arcelor, Sanofi, Fralib,
Pétroplus, Virgin et bien d’autres.
Que propose le secrétaire de la
CGT ? « sortir de la défensive et de la résistance
(auxquelles le patronat souhaiterait nous acculer) ». Sortir de
la « défensive » pour faire quoi ? Négocier une fois
de plus avec le patronat la sauce à laquelle nous serons
mangés ? « Même si la tâche est rude elle tout a fait notre
portée » ose conclure Lepaon.
La CFDT apparaît de plus en plus
comme un syndicat qui joue le même jeu que le patronat capitaliste et
le gouvernement socialiste. Ce qui n’empêche pas le secrétaire de la
CGT d’affirmer « Il n’y a pas de rupture avec la CFDT… La
recherche de l’unité syndicale est une constante de la CGT ».
Pour faire quoi ?
« Sortir de la défensive et de
la résistance », autrement dit pratiquer davantage la
collaboration de classe ? Derrière des termes ampoulés, c’st
cela qu’il propose
Les camarades qui luttent dans tout
le pays, ms Goodyear, PSA Aulnay, Arcelor Sanofi, Fralib… Celles et ceux qui agissent
dans tous les domaines ne se reconnaitront p as dans ce discours qui refuse de tenir compte de la
situation actuelle et du besoin urgent de développer l’action. Alors
que des milliers de syndiqués, de responsables syndicaux, prennent
eux-mêmes l’initiative d’agir seuls dans leurs entreprises, alors que
le mécontentement grandit partout, ce discours d’introduction au 50ème
congrès leur apparaîtra comme un frein opposé délibérément à
l’action, à la leur en particulier.
Il reste que la direction de la CGT
doit davantage tenir compte du mécontentement qui grandit dans
certaines organisations de base. Elle a été contrainte en quelque
sorte d’appeler le congrès à décider
dans la semaine du 2 au 5 avril une journée nationale avec des
rassemblements devant l’Assemblée nationale et dans les territoires (quand
va s’ouvrir le débat parlementaire sur le projet de loi qui
retranscrit l’accord sur le
marché du travail signé entre le MEDEF et la CFDT)…
° ° °
Relevé dans le congrès :
*Les délégations de la CFDT et du
PS ont été sifflées.
*Th. Lepaon n’a été applaudit que
lorsqu’il a annoncé la journée nationale d’action d’avril.
*Un lapsus significatif : dans
son discours Th. Lepaon a déclaré « la France souffre
particulièrement d’un coût du travail….du capital – pardon- qui ne
cesse d’augmenter.
(Au début de la semaine prochaine
vous aurez le compte – rendu du débat et décisions prises).
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