|
Dimanche 5 mai, combien étaient-ils
qui ont manifesté à l’appel du Front de gauche ? Bien plus
de 30.000 évalué par la police c’est évident, moins de 180.000 déclaré
par les organisateurs, c’est évident aussi. La réalité tourne
autour de 80.000, ce qui est important dans la période actuelle.
Qui étaient-ils ? Des
travailleurs, des retraités, des étudiants, des sans-emploi.
Toutes et tous revendiquaient de vivre mieux et critiquaient
durement la politique de ce gouvernement socialiste que la
plupart d’entre eux avaient fait élire il y a un an à l’appel du PS,
du Front de Gauche, des Verts, du NPA…. Certains d’ailleurs le
manifestaient vivement.
L’impression qui se dégageait de
cette manifestation c’est que tous les participants erraient à la
recherche d’une solution politique qui permette d’en finir avec
la politique actuelle. Les discours prononcés sur place par les
dirigeants et dirigeantes du Front de Gauche ne pouvaient répondre
à leurs aspirations. Pas une seule fois il n’a été question de
montrer ce qu’est le capitalisme, ce qu’est son emprise totale
sur l’économie nationale et sur l’orientation des partis
politiques, celle du Parti socialiste comme celle de l’UMP ou du
FN. Pas une fois il n’a été question d’abattre ce capitalisme, de
comment le vaincre et avec qui, car un changement de cette
envergure nécessitera absolument la participation active des plus
larges masses du peuple, travailleurs en tête.
De ce point de vue, aurait été utile,
indispensable même, de rappeler le rôle de ces entreprises plus
fortes que les Etats et les gouvernements en place. On a vu ce
que Lakshmi Mittal, patron N°1 mondial de l’acier a fait des « sommations »
d’un Montebourg ou d’un Hollande ! La BNP-Paribas gère des sommes énormes, équivalent
de 93,6% du Produit Intérieur Brut (P.I.B.) de la France !
Le Crédit Agricole 94,2% , la Société Générale 62,9%. La liste
complète est beaucoup plus longue…
C’est le pouvoir de ceux-là, qu’il
faut sans attendre réduire considérablement avant de les vaincre
définitivement.
C’est cette grande question qui doit être
au centre de l’action de ceux qui se réclament de la lutte des
classes au service des travailleurs et du peuple. Faute de quoi
les propositions qui sont faites se ramènent à des proclamations
du type : « suivez-nous… nous ferons le reste ». Pendant
ce temps le capital poursuit son chemin.
Ce n’est pas cela qu’attendent celles
et ceux qui étaient dans la rue à Paris le 5 mai. Nous leur avons
fait connaître dans
un tract notre diagnostic de la situation actuelle et
certaines de nos propositions pour changer cette situation, qui
tranchent avec ce qu’ils ont pu entendre ce jour-là. Nous
appelons à la lutte anticapitaliste, la seule perspective crédible.
Nous continuerons à leur
faire connaître notre opinion.. A eux et à tous ceux qui veulent
que ça change.
|