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COMMUNISTES |
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Hebdo |
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N°29
Semaine du 01 au 07
octobre 2007 Quand je veux enterrer un problème, je crée un grenelle L’évocation
de mai 68 est étroitement associée « aux accords de Grenelle » du
nom de la rue où se situe le ministère du travail. C’est là que les
organisations syndicales, le gouvernement et le CNPF discutèrent et
conclurent une victoire de la classe ouvrière avec l’augmentation importante
du SMIC et des salaires et la conquête de nouveaux droits syndicaux. Grenelle
est donc une référence historique où s’affrontèrent 9 millions de grévistes
et le patronat soutenu par le gouvernement de Pompidou 1er
ministre. Le nom de Grenelle est à ce point synonyme d’affrontement de classe
et d’avancées positives qu’aujourd’hui même nos adversaires s’en servent pour
imager la portée de discussions et d’accords qu’ils voudraient historiques.
Ainsi Sarkozy qui pendant sa campagne électorale voulait « effacer tout
ce qui restait de mai 68 », cauchemar du patronat, n’hésite pas à se
servir du label pour baptiser « Grenelle de l’environnement » les
papotages qui doivent démarrer bientôt. Cette usurpation n’est pas une
nouveauté chez l’opportuniste Président de la République (déjà vu avec Guy
Mocquet). Mais il est aussi lamentable que des politiciens de tous bords
participent à cette appropriation de l’histoire sociale de notre pays qui n’a
rien à voir avec le rideau de fumée autour de l’écologie mis en place pendant
la campagne électorale avec la participation de tous les partis pour éluder
les problèmes que se posent les citoyens. Remettons les choses à leur place, Grenelle
c’est autre chose que cette agitation orchestrée. C’est une date, des luttes
déterminées et une victoire de la classe ouvrière sur le capitalisme, et non
un lieu commun où la compromission et la collaboration de classe sont les
ingrédients d’une recette pour étouffer les problèmes. Dans le même registre à une époque, on
créait des commissions sans lendemain, on va maintenant organiser des « grenelles »
dans le même but. Car cette intoxication médiatico-politique qui
veut créer l’union sacrée pour nous rassembler derrière le drapeau de
l’écologie est un leurre politique. Car d’abord, répétons-le cela détourne
l’attention des questions sociales et économiques qui sont notre quotidien.
Ensuite nous serions, nous, consommateurs tous coupables. Ainsi gare au
dangereux délinquant qui n’a pas fait de tri sélectif, ou qui roule 10km
au-dessus de la vitesse autorisée, et bien sûr tous à vélo quelque soit le
temps, l’âge et la distance pour aller au boulot. Quant aux capitalistes qui sont les vrais et
seuls responsables de la pollution de la planète, ils se frottent les mains
en participant à ce détournement des responsabilités et à cette manœuvre de
diversion. Mieux même ils se saisissent de cette opportunité à la mode pour
en tirer profit et donner des leçons. Par exemple en nous faisant payer les
« recyclages » ou encore avec les bio-carburants aux risques
écologiques évidents et surtout l’appauvrissement de la population qui voit
le prix des denrées de base tels le blé ou le maïs exploser. Non, l’écologie n’est pas compatible avec le capitalisme. Et c’est
une chose trop sérieuse pour la laisser aux mains des politiciens de tous
bords. Le seul mot d’ordre juste serait « sauvons la planète du
capitalisme… et de ses valets !»
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