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N°2. Semaine du 19 au 25 février 2007

 

Mme ROYAL avait promis…

(air connu)

Non, ça n’ira pas… Après deux heures d’émission c’est une certitude. L’émission par elle-même n’a rien de spontané. Le rôle du journaliste PPDA n’est pas neutre, ce qui ne surprend personne.

 

Avec un candidat ne jurant que par et pour le capital et une candidature réellement de gauche  proposant une autre alternative, c’aurait pu être intéressant.

 

Un court instant, on s’y serait cru, lorsque Mme Royal nous a affirmé que nous avions à choisir entre deux choix de société. Un très court instant.

 

Mme Royal, qui prétend incarner le changement, propose les mêmes recettes que les autres.

 

Quelles recettes ? Il faut redistribuer différemment etc… Les promesses ? Certaines sont plus claires, comme le SMIC ou les retraites. Elle s’engage à porter le niveau du SMIC à 1500 euros brut, elle le précise et le compare au SMIC actuel,  980 euros nets. C’est du meilleur effet. Le SMIC actuel sera relevé dès que possible de 5 % et le reste sera  étalé sur 5 ans. La réaction du public ne se fait pas attendre. Pour l’apaiser elle précise « On ne peut pas promettre ce que l’on n’est pas sûr de pouvoir tenir. Si nous pouvons aller plus vite nous le ferons en prenant la précaution de ne pas créer d’inflation, autrement nos efforts seraient vains ». C’est un aveu, pas touche au capital.

 

Sa préoccupation, c’est le pouvoir d’achat. Elle promet une « conférence salariale avec les partenaires sociaux » pour examiner la répercussion de ce SMIC sur l’ensemble des salaires. Lorsqu’un chercheur  explique sa situation : «  je suis ingénieur biologiste, j’exerce depuis 25 ans, j’ai bac + 10 et je perçois 1900 euros brut par mois », elle préconise de baisser les charges, qui selon elle sont responsables de cela.

 

Les retraites ? Elle ne remet surtout pas en cause leur réforme ni celle de la Sécu. Cela écarté d’un revers de main, elle dit qu’une augmentation immédiate de 5 % sur les petites pensions serait possible. Elle précise qu’il s’agit des pensions en dessous des 980 euros du SMIC actuel. Une mauvaise langue pourrait demander une précision, net ou brut ? Pour elle c’est brut bien évidemment.

 

« Faut-il envisager de travailler jusque 70 ans ? » Non !, répond t-elle. Il faut revoir le financement global de toutes les retraites. A terme pas une retraite ne devra être inférieure au SMIC actuel. Elle se répète et se garde bien de nous parler des régimes spéciaux. Restons comme elle dit « dans un système gagnant / gagnant ».

 

Le plus surprenant, c’est que 8 ou 9 chefs d’entreprises, PME ou TPE se sont exprimés, aidés de quelque commerçant. Puisqu’il s’agit d’un panel censé être représentatif, serions-nous près de 10 % de la population active à être employeurs ?

 

Ces représentants ont tous expliqué que les charges sur les salaires bloquaient l’embauche. Ils lui ont même demandé de s’engager à faire en sorte qu’une embauche puisse être effectuée sans payer de cotisation patronale.

 

Elle a remercié pour ces bonnes questions et a affirmé :

« Je veux être la présidente d’une France qui se bat, pour cela nous envisageons des mesures fiscales, mais il faut également faire baisser les impôts pour les sociétés qui embauchent, il faut même moduler les cotisations en fonction de ce critère » …  Des esprits chagrins préféreraient sans doute la notion de taxer le capital à la même hauteur que les salaires. Pas très moderne ! Je ne veux plus qu’on oppose l’entreprise à ses salariés… Je veux réconcilier la France avec ses entreprises… Il s’agit d’établir un véritable dialogue social car le dialogue social peut empêcher les grèves dures ». Vous ne saviez pas que l’entreprise faisait dans le social ? Ignare va !

 

« Il faut réhabiliter l’esprit d’entreprise, associer les salariés aux décisions de l’entreprise ». Avec Ségolène Royal c’est enfin l’extinction de la lutte des classes (après dix heures du soir !). Patrons, ouvriers, même combat.

 

En France, l’efficacité passe par la sécurisation des parcours professionnels, ce qui signifie : «  faire en sorte que l’on puisse changer d’emploi sans passer par la case chômage ».

 

Il ne faut pas freiner les restructurations, elles sont nécessaires mais il s’agit de former les salariés licenciés pour les besoins des entreprises. Que peut faire un métallo dont l’entreprise ferme alors que la région a besoin de bras pour récolter les salades ou les fruits, vous ne devinez pas ?

 

La dette représente 18.000 euros par citoyen. Quid des centaines de milliards que doit le patronat ? Comment l’obliger à les rembourser ? La question ne sera pas posée.

 

Arrive une question qui dérange « Beaucoup de gens qui habituellement votent à gauche, disent ne pas vouloir voter pour vous, comment l’expliquez vous ? ». Le moment de surprise passé, elle rétorque gênée, «  Ils ont besoin d’être mieux écoutés » Devant le flottement, PPDA met fin à la tentative de réponse et sollicite une nouvelle question.

 

C’est beau la démocratie, le parlé vrai, la liberté d’expression.

 

Pour elle pourtant, pas de question taboue. En réponse à une question sur la formation de son gouvernement, elle précise : « Au deuxième tour, tous ceux qui se reconnaissent dans mes propositions et mes valeurs sont invités à me rejoindre, ils feront partie de la majorité parlementaire ».

 

Après cela vous pensez toujours que ce n’est pas une véritable campagne électorale avec enjeu de société ? Vous avez raison.

 

Et ce n’est pas le débat de lundi prochain avec Bayrou,  Bové qui va relever le niveau.

 

D’ailleurs Madame Parisot du Medef ne s’y trompe pas, elle dort sereinement sans se préoccuper du nom de l’élu.

 

Pour dire que nous voulons que ça change, pour dire que nous voulons une autre société, déposons dans l’urne un bulletin « COMMUNISTES ». 

 

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