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Mercredi 22 mai à
Bruxelles les dirigeants des 27 pays de l’Union Européenne ont
tenu un sommet consacré à la lutte contre l’évasion fiscale.
Comme il fallait s’y attendre, il n’en est rien sorti sauf
quelques formules archi-rabâchées du genre : « d’énormes
flux échappent à l’impôt, nous devons trouver le moyen de
rapatrier les recettes fiscales qui en découlent ». Tout ça
pour nous faire, une fois de plus, avaler la pilule.
On nous dit que dans l’Europe des 27,
1.000 milliards d’euros n’entrent pas dans les caisses des
Etats pour cause d’évasion fiscale. Pour la France, la somme
atteint près de 80 milliards soit presque le quart de notre budget
national ! De
quoi combler 4 à 5 fois le « déficit » de la Sécurité
Sociale, de quoi améliorer considérablement notre système de
retraites…
A qui fera-t-on croire qu’un Etat,
quel qu’il soit, ne dispose pas des moyens lui permettant de
contrôler efficacement la circulation du capital ? S’il ne
le fait pas c’est parce qu’il l’admet. S’il l’admet c’est qu’il
est au service du capitalisme et de la spéculation sous toutes
ses formes qui est le mode d’existence de ce système.
Changeons d’échelle. Le PIB (Produit
Intérieur Brut) annuel de la France a été de 2.400 milliards en
2012. A lui seul le Crédit Agricole contrôle un pactole égal à
94% de cette somme. BNP Paribas en contrôle aussi 94% et la
Société Générale 63%. Nous parlerons dans un prochain article
de l’importance considérable que les grandes entreprises jouent
de leur côté dans cette affaire.
Mais notons déjà que des
multinationales rapatrient leurs bénéfices là où l’impôt est le
plus bas. La branche britannique d’Amazon n’a payé en Grande-Bretagne
que 2,9 millions d’euros pour des ventes de…5,06 milliards (cité par le journal l’Humanité).
A la réunion de Bruxelles, David CAMERON en a appelé à « l’éthique
des entreprises » !!! A. MERKEL a déclaré que ce
serait évidemment mieux si les entreprises payaient des taxes là
où elles sont implantées… tout en admettant que le sujet de l’harmonisation
de l’impôt sur les sociétés n’a pas du tout été abordée par les
leaders européens ! Aux Etats-Unis, une enquête du Sénat vient de
révéler qu’Apple n’a payé que 2% d’impôt sur les 74 milliards
de chiffre d’affaires hors du territoire américain. Etc… Etc…
A Bruxelles la « moralisation »
du capitalisme, dont les uns et les autres parlent à longueur
de journée, n’était pas à l’ordre du jour. Elle ne pouvait pas
y être car les uns et les autres sont des serviteurs zélés du
capitalisme.
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