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Mme Fiorasso, Ministre socialiste de
l'enseignement supérieur et la recherche (ESR) vient de faire
voter à l'Assemblée Nationale un projet de loi qui soumet bien
plus étroitement qu’auparavant l’Enseignement Supérieur et la
Recherche de notre pays aux intérêts des grands groupes
capitalistes internationaux. Ce que Sarkozy n’avait pas pu
mener à bout, Hollande et ses alliés font tout pour y parvenir.
Pour ce secteur comme pour tout le reste, la même politique se
poursuit et s’aggrave.
Où
en sommes-nous aujourd’hui ? Le but final de tout ce monde
est exactement le même : briser le système français de
l’enseignement supérieur et de la recherche pour le mettre à
l’entière disposition des maîtres de l’industrie et de la
finance, en un mot des seuls véritables maîtres du pays.
Tous,
de l’extrême droite au PS et ses alliés veulent installer en
France un enseignement supérieur et un système de recherche
dépendant directement des forces du capital sans aucune
entrave, de quelle que sorte que ce soit. Actuellement des
entraves existent encore même si les gouvernements de tous
bords en ont déjà supprimé pas mal. Il faut maintenant aller
plus loin, aller plus vite. Ce que le capital exige, le gouvernement
en place est là pour l’exécuter.
Les
uns et les autres n’ont que faire de plus de 80 universités et
de dizaines de centres de recherche dépendant d’un cadre
national unique, avec des diplômes nationaux, des personnels
enseignants et chercheurs protégés par un statut national. Ce
qu’ils veulent c’est « atomiser » les Universités et
les centres de Recherche, les mettre en compétition dans une
chasse permanente aux crédits que leur attribuerait- ou non –
tel ou tel groupe capitaliste et financier. Ceci à condition
bien sûr de travailler pour lui, d’être étroitement à sa botte.
Voilà comment les dirigeants politiques de tous bords
conçoivent l’avenir de l’Université – Recherche dans notre
pays.
Cela
dit il n’est surtout pas question pour « Communistes »
d’être contre une liaison plus étroite, un rapprochement plus
large de l’Université et la Recherche avec l’industrie. C’est
indispensable aujourd’hui et ça le sera toujours plus. La
grande question est de savoir de quelle liaison il s’agit.
Liaison, rapprochement oui mais uniquement pour un
développement économique et social au service du peuple et des
salariés à commencer par les enseignants et les personnels de
ce secteur.
Ce
qu’annonce la socialiste Fiorasso ne va pas dans cette
direction. Elle vise à réduire encore le rôle des
salariés de l’ESR dans la conduite de leur activité
professionnelle (évaluation bureaucratique sur la base de
critères « économiques » au lieu de critères
scientifiques, pilotage financier par une agence
gouvernementale fonctionnant sur la même base). Elle veut pérenniser l’emploi
précaire, marginaliser
les organismes de recherche nationaux où les personnels jouent
un rôle important. On a vu qu’elle veut mettre en compétition
les universités, les diplômes nationaux et qu'elle veut dans
l'immédiat organiser l’ESR
en entier sur une base
régionale où le rôle des personnels est réduit mais où les
entreprises pèsent fortement.
Où en sommes-nous de l’action ?
Les personnels des organismes de
recherche et des universités se sont difficilement mobilisés
contre cette loi jusqu’à présent. Les organisations CGT, FSU,
SUD et FO de l’Enseignement Supérieur et la Recherche soutenues
par les associations SLR, SLU et les Comités de précaires n’ont
pas baissé les bras malgré les difficultés et ont continué à
travailler à la mobilisation des personnels. Ils ont obtenu un
premier succès à Paris le 22 mai par la mobilisation réussie
contre la politique gouvernementale dans l’Enseignement Supérieur
et la Recherche. A L’Assemblée Nationale, les députés du Front
de Gauche ont voté contre, rejoints par les élus écologistes.
Le projet de loi va venir au Sénat
le 18 juin. La mobilisation des personnels peut peser sur le
vote à condition que les personnels accentuent la pression sur
le gouvernement et le Parlement et que le mouvement grandisse encore.
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