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A Amiens-Nord,
les 400 salariés présents vendredi 31 mai à la réunion
d’information organisée par le syndicat CGT ont décidé une
opération « usine morte » à partir de 4h 00 du
matin le lundi 3 juin pendant qu’une délégation partirait à
l’audience du Tribunal de Nanterre afin de contester pour
la 4 ème fois la validation du plan de licenciement des
1173 salariés de l’usine d’Amiens Nord.
Les salariés ont bloqué l’entrée et la sortie des marchandises
aux alentours de l’usine en brûlant des pneus. La
direction, mauvaise joueuse comme à son habitude a fait
intervenir l’Inspection du Travail sur le site, considérant
que des salariés étaient empêchés d’accéder à l’usine. Les inspecteurs
ont donné raison aux grévistes, estimant que le personnel
était libre d’entrer et de sortir.
A Nanterre, Fiodor Rilov l’avocat de la CGT et du CCE
a démontré dans sa plaidoirie que le projet de fermeture du
site d’Amiens Nord par le groupe GOOD YEAR découle en fait
de la mise en œuvre d’une délocalisation
masquée vers TITAN orchestrée depuis longtemps et dont les
salariés devraient faire les frais.
Des pneus agraires « GOOD
YEAR made by TITAN » stockés sur Amiens ont fait l’objet de plusieurs
constats d’huissiers. D’autres pneus sont également stockés
en Allemagne, alors que légalement ils ne peuvent pas être
introduits en Europe.
TITAN a le droit
de fabriquer des pneus agraires sous licence GOOD YEAR mais
uniquement sur le continent américain où il a racheté la
fabrication, la marque et la distribution, ce n’est pas le
cas en France ni en Europe où il n’a pas de site de
production. C’est ce qui motivait TITAN à reprendre la
production de pneus pour les véhicules agricoles sur
Amiens, son offre exigeant l’arrêt du secteur pneus-tourisme
et le licenciement de 850 salariés.
La CGT syndicat ultra-majoritaire (86 % tous collèges
confondus) depuis plusieurs élections s’y oppose depuis 7
ans avec l’assentiment des salariés.
Les constats d’huissiers donnent raison à la
CGT : une délocalisation
masquée via des transferts d’actifs de GOOD YEAR vers
TITAN, sans que la production ne se fasse sur Amiens.
Lors de l’audience, l’avocat Fiodor Rilov a voulu
(avec constats d’huissiers à l’appui) faire assigner en
intervention forcée 5 constructeurs utilisant des pneus
agraires GOOD YEAR en France (John Derre, AGCO, Class,
Manitou et Caterpillar) mais la greffière du tribunal étant
absente le vendredi 31 mai pour recevoir les assignations,
celles-ci n’ont donc pas été prises en compte par le
Tribunal !!
L’avocat de GOOD YEAR, à l’image de ses employeurs a
été égal à lui-même en déclarant que l’avocat de la CGT « instrumentalisait
le code de procédure en l’utilisant comme une arme ». Et
oui messieurs les capitalistes américains, il existe encore
en France une législation et ils vous faut la respecter !
L’avocat GOOD YEAR ne pouvant démonter les arguments légaux
avancés à juste titre a donc passé une bonne partie de sa
plaidoirie à verser son venin contre la CGT et
principalement contre son secrétaire Mickaël Wamen dont le
nom fût cité plusieurs fois. Par contre, il loua les services de la CGC, « un
syndicat responsable » selon ses dires qui accepterait de négocier le
montant des primes de licenciements et de la mise en place
de « cellules de
reclassement ». Quand on sait le taux de chômage
actuel en France et celui de la région Picarde en
particulier !!!
Il faut noter que l’avocat de TITAN pour toute
plaidoirie s’est contenté de dire qu’il était d’accord avec
les arguments de son collègue de chez GOOD YEAR !!!
Encore une preuve de l’inefficacité notoire quand
l’argumentation présentée est fausse.
Montebourg a enterré Goodyear à Amiens
Loin de la campagne des primaires socialistes en 2011
sur le parking, l’actuel ministre du « rabaissement
productif »
vantait une « démondialisation »,
dénonçant les entreprises qui licencient alors qu’elles
font du profit.
De nouveau, en 2012 avec une casquette de soutien au
candidat Hollande, le même Montebourg annonçait en cas de
victoire de la gauche des lois contre les licenciements, à grands
renforts d’empathie avec les salariés en lutte.
En
2013, alors que les sociaux-démocrates sont au pouvoir
depuis un an, l’inégalable Montebourg finalise sa déclaration
de ministre en déclarant que la direction (de GOOD YEAR) allait
poursuivre la procédure d’information et de consultation
sur son projet de fermeture. Il a même ajouté que le gouvernement
socialiste allait demander à l’entreprise de proposer
des mesures exemplaires d’accompagnement visant à permettre
aux salariés licenciés de retrouver au plus vite un emploi.
De qui se moque t-on !!!
Comme on est
loin des promesses entendues sur le parking de
l’usine Goodyear par le candidat Hollande en octobre
2011:
« Il
n’y aurait rien de pire que de faire des promesses qu’on ne
peut tenir ; Nicolas Sarkozy en a fait à Gandrange. Une
présidence normale, c’est aussi rompre avec ça », en
« Communistes » soutient sans réserves la lutte
des salariés de GOOD YEAR, c’est une lutte juste, de tous
les jours, déterminée et de classe contre un groupe
ultra-réactionnaire. Les salariés ne viennent pas chercher
un chèque de départ, ils veulent seulement travailler pour
vire dignement et ils le prouvent chaque jour.
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