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N°302  Semaine du 03 au 09 juin 2013

 

02 juin 2013

En France, Renault vide les usines…

avant de les fermer ?

 

Nous avons dénoncé l’accord signé par les organisations syndicales CFDT, FO, CFTC, CGC et la direction de Renault portant sur la suppression de 8.250 emplois d’ici 2016.

Dans les usines et services c’est d’une véritable hémorragie qui  se met en place. Bloquée depuis des années l’embauche de jeunes fait que la pyramide des âges est particulièrement élevée.

Ainsi c’est environ 30% du personnel dans chaque établissement qui est en mesure de partir. Qui restera pour sortir les voitures ? Les coûts fixes de production vont grimper ce qui justifiera à terme la fermeture de l’usine ou du service. Pas rentable dira Renault.

 

60.000 Nissan par an à Flins ?

Monsieur Montebourg qui a félicité la direction de Renault pour ce plan, en remet une couche en visitant l’usine de Flins en compagnie de C. Goshn. Il  s’est bien  gardé bien de lui poser la question : si ces voitures sont réellement fabriquées qui les fabriquera ?

Car les promesses pour cette usine n’ont pas manqué dans le passé. La fabrication des voitures électriques devait s’accompagner de la fabrication de la pièce essentielle : la batterie. Un atelier a même été préparé pour cela. Il est toujours vide. Les batteries viennent toujours du Japon. Ils ont raison « les Nissan on y croira quand on les verra » disent des ouvriers. Ils ont raison.

 

Marge ou volume.

Chez les vendeurs de voitures les délais pour obtenir une Sandero, une Captur, une Clio 4, un Duster sont de l’ordre de 5 à 7 mois. Et encore il ne faut pas que le client soit attaché à une couleur ou des options particulières. Certains vendeurs refusent même de prendre les commandes nouvelles.

La raison ? Simple, les usines de Roumanie et de Turquie qui fabriquent ces modèles en vogue sont saturées et ne peuvent produire d’avantage.

Alors pourquoi ne pas transférer en France une partie de cette production ?

C. Goshn a donné la réponse il y a quelques mois : Une Clio fabriquée en France rapporte 300 euros. La même fabriquée en Turquie en rapporte 1.500. La paie d’un salarié de Renault en Turquie est 5 fois moindre qu’en France. Ceci explique cela.

 

Au diable l’emploi, seul le profit compte. Le capitalisme est aussi simple que cela. C’est ce que nous combattons. Venez nous rejoindre dans ce combat

 

Sous l’en tête de la CFDT au techno-centre Renault de Guyancourt un responsable d’un service s’adresse à sa hiérarchie  en date du 30 avril 2013 :

« Nous souhaitons attirer votre attention sur les conséquences relatives d’une part à la réduction des effectifs et d’autre par à la réorganisation de l’ingénierie. »

Il s’inquiète de la montée du stress et de l’inquiétude dans une partie du personnel et demande quelles dispositions cette hiérarchie compte prendre « quant à leur bien être et la confiance en l’avenir. »

La CFDT, la CGC et FO viennent de conclure « l’accord de compétitivité » avec la direction de Renault. Seule la CGT s’est déclarée « farouchement contre ».

L’encre de l’accord à peine sèche les conséquences concrètes se font sentir. Espérons que ce responsable n’aura pas manqué d’envoyer un double de sa lettre à la direction nationale de la CFDT pour qu’elle en prenne de la graine.

 

 

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