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La « conférence sociale »
annoncée depuis longtemps par la
propagande gouvernementale comme un
nouveau moment « historique »
(après l’ANI), a révélé toute la nocivité
du « dialogue social » avec les
représentants du capital.
A chaque étape, chaque rencontre,
chaque réunion, ce sont des reculs
sociaux qui sont annoncés.
Les centrales syndicales sont
particulièrement responsables de cette
situation. Elles entretiennent l’illusion
qu’il suffirait de se mettre autour d’une
table avec les patrons pour obtenir des
avancées sur les revendications. Elles
savent que l’histoire sociale d’un pays
ne se construit pas de cette façon mais
elles ont fait le choix politique
d’abandonner le terrain des luttes et de
privilégier le « dialogue
social ».
Il suffit de lire les déclarations
des uns et des autres pour s’en
convaincre. Th. Lepaon, secrétaire
national
de la CGT est de plus en plus
clair : « Nous avons demandé au
président (Hollande) qu’on puisse avoir
un observatoire dans notre pays pour
qu’on puisse mesurer quelle est la part
des richesses créées qui va à
l’investissement, celle qui va aux
salaires et celle qui va à la
rémunération du capital ». Le
pouvoir d’achat dégringole et Th. Lepaon
demande… Un observatoire !
On remarquera que la rémunération
du capital est un des objectifs
poursuivis par la CGT dans sa recherche
de « partage des richesses ».
Elle le
confirme d’ailleurs en
demandant (encore !!) « la
création d’un cadre législatif qui contraigne
l’entreprise à examiner les solutions
alternatives qui permettent un meilleur
résultat social en cas de
licenciement ».
On est en plein dans la gestion des
mesures prises par les
patrons !
L’association des termes
licenciement et social est l’équivalent
de l’association capital-travail.
Aujourd’hui on discute, on parade,
on dialogue avec le capital et ses
défenseurs. Les résultats sont là :
les reculs sociaux s’accumulent au fil
des rencontres.
Lepaon ignore volontairement le
rôle irremplaçable des
luttes et leur efficacité. Il ignore
volontairement l’histoire sociale de
notre pays, les conquêtes, les avancées
obtenues de haute lutte depuis la
création de la CGT.
L. Berger, secrétaire de la CFDT
est encore plus clair : « La
conférence sociale est un rendez-vous
utile… » Il ne faut pas laisser la
place à ceux qui cherchent des boucs
émissaires, des coupables et à faire en
sorte que la société implose ».
En d’autres termes le capital n’est
en rien coupable de la situation, il faut
donc le préserver en évitant toute
« implosion ». Une grande grève
nationale par exemple qui
obligerait les patrons et le gouvernement
à augmenter les salaires et les pensions.
A trop vouloir démontrer sa
« neutralité » le dirigeant de
la CFDT
s’enfonce dans l’explication de
ses choix politiques au service du
patronat ;
Après la conférence sociale des 20
et 21 Juin, une nouvelle rencontre est
prévue les 4 et 5 Juillet. POUR QUOI
FAIRE ?
Le gouvernement a annoncé la
couleur : rien sur les salaires
alors que le pouvoir d’achat a baissé de
0,9% en 2012, rien sur l’emploi, nouveaux
reculs sur la retraite et les pensions.
Les 4 et 5 Juillet c’est uniquement
le niveau des reculs qui va être décidé
avec la complicité des dirigeants
syndicaux. Rien d’étonnant si d’ici-là,
aucune initiative d’action n’est prévue
par les centrales syndicales.
Lepaon annonce une journée d’action
le 15 Septembre alors que c’est ce
jour-là que le rapport sur la conférence
sociale sera remis au gouvernement et que
tout sera bouclé.
Il faut agir tout de suite. Pas de
temps à perdre pour organiser les luttes,
les coordonner.
Dans les départements, dans les
entreprises, dans les fédérations des
militants, des responsables de la CGT de
plus en plus nombreux expriment leur
exigence que la CGT prenne des décisions
pour développer l’action des salariés au
niveau exigé par l’urgence de la
situation. Dans un tract, la CGT de
Renault Cléon appelle à la convergence
des lutte et dénonce « le
dialogue social », au congrès
de
l’UD CGT de la
Meuse, des syndicats expriment
la nécessité d’un syndicalisme de classe
et la lutte comme seule voie possible, la
C.E. de la
fédération CGT de la Chimie
demande la mise en place d’un plan
d’action pour toute la CGT avec la
décision dès maintenant d’une action
nationale avec grèves et manifestations
sur les enjeux.
Le mécontentement est profond,
contrôleurs aériens, cheminots, postiers,
enseignants, travailleurs de l’industrie,
partout il y a des luttes. Il faut les
encourager, dire stop au
« dialogue social » et
répondre aux revendications.
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