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Pendant six mois des centaines de
débats sur la transition énergétique
ont été menés au plan local, régional
et national, débats qui ont regroupé
des associations, des organisations non
gouvernementales (ONG), des syndicats
de salariés, des syndicats patronaux,
des élus….. Ces débats qui étaient
censés voir la participation de la
population ont été en réalité accaparés
par une minorité s’autoproclamant
représentative de ce que l’on qualifie
« l’intérêt général » et qui
n’est autre que la mise en musique des
intérêts des forces dominantes. Cette
méthode dite de « démocratie
participative » tend à noyer les
débats politiques dans le chaudron de
la « société civile »,
société civile qui pour l’essentiel représente
les intérêts de la bourgeoisie et des
couches sociales qui y sont alliées. De
ce débat, les médias ne font ressortir
que quelques aspects en focalisant sur
la polémique ouverte par l’attitude du
patronat. Cette polémique est bien
commode pour masquer l’essentiel. Les
résultats de ce débat maintenant
qualifiés de « document de
synthèse » au lieu de
« recommandations » pointent
quelques éléments d’une future
politique énergétique pour la France.
Le document part de l’hypothèse de la
réduction de 50% de la consommation
énergétique en 2050. Cette hypothèse,
pour le moins hasardeuse, permet de
justifier trois mesures politiques
essentielles :
- Une politique fiscale et
tarifaire visant à augmenter fortement
et durablement le prix de l’énergie, ce
qui a déjà commencé et qui accroît la
baisse du pouvoir d’achat des salariés.
- Une politique de développement
de production énergétique dite
décentralisée et privatisée au
détriment du nucléaire en particulier.
- Une décentralisation des
centres de décisions au bénéfice des
régions dans le cadre d’une Europe de
l’énergie niant les Nations et leur
droit de propriété naturel sur la
production énergétique.
Ainsi, loin de donner les moyens
à la Nation de maîtriser sa politique
énergétique, les conclusions du débat ouvrent
la porte à une accélération de la
privatisation de ce secteur. Beaucoup
de forces politiques et sociales
(partis et syndicats de salariés) à
force de courir après les écologistes
en viennent à ne plus critiquer les
options prises en matière énergétique.
Mélenchon et son Parti de Gauche qui
prônent la sortie du nucléaire se
réjouissent des « avancées »,
le PCF qui est gêné aux entournures
propose quant à lui un grand débat et
un référendum, ce qui évite de prendre
clairement position. La CFDT est à fond
pour la sortie du nucléaire et les
énergies alternatives, la CGT critique
du bout des lèvres sans mettre en cause
l’essentiel des propositions
préconisées par le rapport final. Sa
hardiesse s’arrête à celle de la
constitution d’un pôle public de l’énergie
au contour suffisamment flou pour que
tout le monde y retrouve ses petits. Le
PS et les écolos sont d’accord avec
l’enfant qu’ils ont produit tout en
regrettant que le texte n’aille pas
assez loin du fait du
« conservatisme » du
patronat…et des syndicats ! Si le
patronat et l’UMP font la fine bouche,
c’est qu’ils trouvent les hypothèses de
réduction de consommation un peu
surréalistes, mais sur le fond ils ne
trouvent pas non plus grand chose à
redire.
La position de notre parti
« Communistes » est claire :
L’énergie est un bien commun nécessaire
à la vie sociale. Son accès doit être
un droit pour tous. Il faut :
-
Baisser les tarifs de
l’électricité, de l’énergie et des
transports. C’est possible en s’en
prenant aux immenses profits des
multinationales de l’énergie comme
Total et GDF-Suez.
-
Assurer la gratuité de l’énergie
pour les chômeurs et les citoyens à
faibles ressources.
-
Aider financièrement les
locataires et propriétaires à mieux
isoler leurs logements
-
renationaliser et nationaliser
l’ensemble du secteur de l’énergie
(extraction des matières premières,
production et distribution).
-
S’appuyer
sur nos points forts en particulier le
nucléaire civil en maîtrisant toute la
filière. La construction d’un deuxième
EPR assurerait à la France une
indépendance énergétique durable.
-
S’opposer à la fermeture de la
centrale de Fessenheim. Ainsi, nous
apportons notre soutien aux salariés
qui s’y opposent avec leur syndicat
CGT.
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