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N°310 Semaine du 29 juillet au 04 août 2013

 

26 juillet 2013

 

HENRI ALLEG EST MORT

 

 

Son nom ne doit pas dire grand-chose aux nouvelles générations. Il fut pourtant un combattant exemplaire dans la lutte contre le colonialisme français en Algérie, son pays d’adoption.

Membre du Parti Communiste Algérien (PCA), directeur du journal Alger Républicain, dès avant la deuxième guerre mondiale,

Il agit pour l’union et l’action de tous les Algériens contre l’exploitation du peuple par le colonialisme français, pour le respect et la conquête de nouveaux droits pour les Arabes qui en sont privés.

Pétain et le régime de Vichy interdisent et le PCA et le journal. Après la Libération de l’Algérie Henri reprend son combat.

En 1954 il rejoint avec le PCA le combat pour l’indépendance de l’Algérie. Dés 1955 le journal est interdit, Henri passe dans la

Clandestinité, il est arrêté par les paras de la 10ème DP, qui a pour mission la traque des combattants de l’indépendance algérienne et spécialiste de la torture.

Il parvient à faire sortir de prison le récit de ce qu’il a subit, ainsi que tous ceux qui ont le malheur de tomber entre les mains des bourreaux, et qui est publié dans un livre ‘la Question’ en 1958. Immédiatement interdit par le gouvernement de l’époque, sa diffusion sous le manteau a un immense retentissement et dévoile aux Français les dessous de cette guerre coloniale.

En 1962, l’indépendance obtenue, il rentre en Algérie et après d’âpres négociations avec le nouveau pouvoir algérien, obtient la reparution d’Alger Républicain. Le journal est de nouveau interdit en 1964. Henri rentre en France où il poursuit son combat de toujours contre le capitalisme et le colonialisme sous quelque forme que ce soit, pour la liberté des peuples, la paix, et le socialisme.

 

Le chœur des pleureuses hypocrites.

Dès que fut connu la mort d’Henri, le chœur des pleureuses hypocrites s’est fait entendre. De Hollande à B.H. Lévy ils ont tous tenus le même discours, ils n’ont retenu de sa vie de révolutionnaire que l’homme qui a dénoncé la torture en Algérie. Ils ont pris soin d’ignorer que le gouvernement de l’époque était dirigé par Guy Mollet, secrétaire du parti Socialiste et qu’il comprenait dans ses rangs, au poste de ministre de la Justice, un certain François Mitterrand, fervent partisan de l’Algérie française. Que ce gouvernement qui défendait les intérêts du colonialisme, a donné tous pouvoirs à l’armée pour combattre ceux qu’ils appelaient des terroristes. Que les véritables responsables de la torture, des massacres, des déplacements des populations algériennes, de la mort des soldats français ce sont ces politiques qui refusaient l’indépendance de l’Algérie.

De même ils oublient volontairement que le gouvernement de l’époque a voulu poursuivre jusqu’au bout la colonisation, tournant le dos aux propositions du PCA qui revendiquait une Algérie indépendante, démocratique, où laïques, Arabes, Kabiles, Européens d’origines diverses qui habitaient cette terre voulaient construire ensemble leur avenir.

 

Ces quelques lignes pour te dire, Henri, que nous ne t’oublierons pas, que nous continuerons le combat que tu as mené.

Au revoir.

 

 

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