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Décidément le gouvernement
Hollande/Ayrault ne chôme pas,
servitude oblige ! Chaque désir
émis par le capital via le MEDEF se
transforme en recul social pour les
salariés.
Cette fois ce sont (à nouveau)
les prud'hommes qui sont sur la
sellette. Actuellement les 14500
conseillers prud'homaux sont élus par
les salariés tous les 5 ans. A la suite
d'un rapport le gouvernement envisage
une « réforme » et une
décision portant sur le mode d'élection
devrait tomber avant la fin de l'année.
Le prétexte avancé est l'abstention. Le
projet est
simple les conseillers
prud'homaux seraient élus au suffrage
indirect par des grands électeurs. Une
élection sénatoriale en quelque
sorte ! Ou bien encore les candidats
pourraient être nommés en fonction de
la représentativité syndicale issue des
élections professionnelles.
La prud'homie est une des
premières conquêtes sociales dans notre
pays. Elle n'a pas d'équivalent. La
plus grande partie des plaignants sont
des salariés, et pour cause !
Cette juridiction gratuite leur permet
de récupérer des centaines de millions
d'euros spoliés de diverses
façons : non respect du code du
travail, licenciements abusifs,
salaires ou heures supplémentaires non
payés etc... On comprend donc pourquoi
le patronat n'a jamais supporté
l'existence de cette juridiction et l'a
toujours combattue pour l'abattre.
Le prétexte invoqué de la faible
participation des salariés au scrutin
évite de préciser que les patrons des
petites et grandes entreprises font
barrage concrètement voire physiquement
à cette participation. Cela va du refus
d'inscrire les électeurs sur la liste
en passant par le refus de laisser ces
derniers se rendre au bureau de vote.
Tout l'attirail des moyens de pression
est utilisé pour discréditer cette
élection. Et comme il n'y a pas de
petits profits le patronat met aussi en
avant le coût de cette journée
Ainsi après Xavier Darcos,
ministre du travail de Sarkozy en 2009,
c'est le gouvernement socialiste qui
s'attaque à cette institution que sont
les prud'hommes. Rien d'étonnant
d'ailleurs c'est ce même gouvernement
qui, avec la complicité d'organisations
syndicales, a mis sur pied en janvier
l' ANI qui déjà amaigri le code du
travail et met les salariés à la
disposition du patronat.
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