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Plus de 450 manifestants ont
répondu à l'appel d'un collectif
pour l'emploi regroupant syndicalistes, agriculteurs, artisans, éleveurs,
transporteurs et salariés de l'agroalimentaire (Doux, Tilly-Sabco), ils ont
bloqué dans les deux sens la RN 12 reliant Rennes à Brest,
entre Morlaix et Landivisiau, Après une prise de parole, les manifestants
ont déboulonné le portique géant équipé de systèmes électroniques et destiné à l'application de la
future taxe sur les poids lourds, l'application de l'écotaxe est prévu à partir du 1er
octobre.
Les
manifestants avaient placé sur le portique une banderole : "la
Bretagne se meurt, il est temps de réagir".
« C'est le portique de l'Etat,
destructeur d'emplois, qui va peser plus d'un milliard d'euros sur notre
économie, dont 300 millions en frais de fonctionnement. La gabelle a été
remise en place, nous ne voulons pas de ce nouvel impôt », a déclaré un des
responsables de l’appel. Olivier le Bras, délégué FO de l'abattoir de porcs
Gad, en redressement judiciaire a rappelé : « On dit qu'on n'est pas compétitifs, mais on nous rajoute des
taxes. Au lieu de nous créer des problèmes, il faut d'abord les résoudre ».
L'abattoir Gad, situé à Lampaul-Guimiliau,
emploie 650 salariés et pourrait fermer en septembre.
Thierry Merret, président de la FDSEA du
département a fustigé l'écotaxe et rappelé la liste des entreprises agroalimentaires
menacées en Bretagne : Doux, Tilly-Sabco, Marine Harvest,
Boutet-Nicolas, Gad...
Cette écotaxe, nouvelle contribution écologique,
concernera les camions de 3,5 tonnes et plus, selon les estimations la
hausse des coûts de transport atteindrait 13% à 15%, elle devrait rapporter
environ 800 millions d'euros à l'État mais la collecte de la taxe sera
privatisée et c’est l’Italien Autostrade qui a obtenu le marché jusqu’en
2025. Il versera à l’Etat une somme fixe, de l’ordre de 23% du total
collecté… Une bonne affaire pour l’Italien qui empochera donc la modique
somme de 2,4 milliards d’euro minimum…
Dans la matinée, une autre manifestation
pour l'emploi avait réuni plus de 450 personnes à Quimper, à l'appel des
syndicats CGT des groupes volaillers Doux et Tilly-Sabco, opposés à la
suppression des "restitutions", (subventions européennes pour les
exportations de poulets congelés) que Bruxelles a décidé brutalement de supprimer
il y a quelques semaines.
La Cgt a rappelé ses
positions quant à l’avenir du groupe et de la filière avicole française. « Le dépeçage de l’entreprise a des
incidences dramatiques sur l’emploi, la filière, les territoires et il
hypothèque toute solution de pérennité des outils, toute solution de
développement ».
Pourtant la filière a
de l’avenir: la progression du marché mondial est de 2,5% par an depuis 6
ans. Les importations de volailles en France sont de 40% et faut-il rappeler
qu’1 milliard de personnes dans le monde ne mange pas à sa faim...
Pour les groupes capitalistes, seul le
profit compte, prenons le groupe Unilever, qui produit
la lessive… la glace, en passant par les infusions ou les déodorants…Les dividendes distribués en 2011 ont atteint 2,5
milliards d’€, (2,3 milliards en
2010). Du jamais vu sur les 5 derniers exercices ! Ces chiffres, une
fois de plus, montrent que les groupes capitalistes détournent des
milliards produits par le travail des salariés.
Le nombre de salariés du groupe Unilever France est passé de 9 000
personnes à 2 871 en 2011, soit une saignée de plus de 6 500 salariés en
une dizaine d’années. De nombreux sites ont connu restructurations,
licenciements et fermetures (Miko, Amora-Maille, Dove, Timotéi, Signal…)
voilà leur "compétitivité" que nous devons combattre jusqu’à la
disparition du capitalisme lui-même.
Une centaine de salariés de Fralib, ils sont déterminés, occupent les
murs depuis plus de 1.000 jours, résistent et se battent contre le groupe
Unilever France qui a décidé de fermer l’usine de thés Lipton et de tisanes
Eléphant de Géménos (Bouches-du-Rhône) et de délocaliser la production à
Bruxelles et en Pologne,
Alors oui, la lutte, il n’y a
pas d’autre chemin, c’est la seule voie à suivre. Le 10 septembre sera
l’occasion d’être tous ensemble.
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