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La « consultation » sur les
retraites a été pour le MEDEF l'occasion d'exprimer une nouvelle fois ses
exigences. Dans une interview aux Echos son vice président JF Pilliard
présente 24 propositions et tout de suite prévient « le MEDEF
ne se place pas dans une négociation donnant-donnant, des efforts, les
entreprises en fournissent depuis longtemps ».
Ensuite le MEDEF précise qu'il veut
aussi « mettre fortement à contribution les retraités », en
gelant les pensions des retraités pendant 3 ans, en alignant le taux de CSG
sur celui des actifs (de 6,6 à 7,5%), en supprimant l'abattement de
10 % sur l'impôt dont « bénéficient » les retraités.
Il verrait aussi d'un très bon œil la
baisse de ses « charges » de 5,4 % en échange d'une hausse
limitée de ses cotisations de … 0,1 %. Bel effort !
Puis, c'est l 'énumération des
mesures classiques :
- 44 annuités de cotisations en 2020
- départ à 63 ans
- instauration d'un régime de base
unique public/privé
- passage à un système de retraite par
points, etc...
Et point essentiel, le développement
de la retraite par capitalisation. Discrète exigence qui pour le MEDEF a
une finalité : la mort du système par répartition et la captation par
le capital des milliards que constitue la gestion des systèmes de retraite.
On remarque que beaucoup de ces
propositions ressemblent à celles contenues dans le rapport Moreau remis au
gouvernement et qui suscite chez ce dernier beaucoup d'intérêt !
Dans cette interview, en larmoyant sur
la situation de l'emploi, la compétitivité, la situation dramatique des
entreprises etc... le MEDEF finit par se présenter comme victime du
système. Rien que ça !
Bien sûr il n'évoque pas les milliards
de cadeaux de toutes sortes que lui octroie le gouvernement. Rien non plus
sur les milliards de profits et déjà les bons résultats en 2013 de la bourse.
Obligé d'aller plus loin dans cette
course au profit contre les salariés, le capital n'hésite pas à
s'engouffrer dans les brèches ouvertes par les gouvernements successifs
contre le droit du travail et les acquis sociaux. Son appétit vorace est
aussi conforté par l 'attitude de confédérations syndicales qui se
roulent dans la collaboration de classe ou qui tergiversent face aux
enjeux.
L' ANI, cet accord pourri en est
un bon exemple (1).
Une nouvelle fois devant de telles
exigences du MEDEF et avant les annonces gouvernementales sur les
retraites, la seule attitude est la lutte d'ampleur, déterminée et très
rapidement. La lutte c'est la seule crainte qu'ont les patrons en cette
rentrée sociale où le mécontentement est profond.
(1) Notons au passage que cet accord se
porte trop bien. Avec Renault et Peugeot ce sont 15 groupes industriels et
des organisations syndicales qui ont signé cet accord sur la
« sécurisation de l'emploi ». Les salariés de Valeo, Faurecia,
Plastic-Omnium, et d'autres donc vont travailler prés de 40 heures voire
plus.
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