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Conti
Une victoire au goût amer pour les « Conti » dont
les licenciements ont été invalidés.
Les Prud’hommes de Compiègne ont annulé le
licenciement de 683 ex-salariés de Continental à Clairoix. Le
tribunal a reconnu qu’il n’y avait pas de motif économique aux
licenciements et que « la
crise » ne pouvait être un motif de
licenciements. Les Prud’hommes ont également reconnu que le
reclassement n’avait pas été respecté et que l’accord de 2007 signé par la CFTC qui
faisait passer les horaires de 35 heures à 40 heures « pour sauver
l’entreprise » n’a pas été respecté.
Les 683 « Contis » vont toucher des indemnités allant de
20 000 à plus de 100 000
€uros, Continental devra également rembourser à Pôle Emploi 6 mois
d’allocation chômage pour chaque salarié. Comme le disaient aux
médias plusieurs ex-salariés, toutes les indemnités ne remplaceront
pas notre emploi perdu, la décision de justice arrive trop tard,
l’entreprise étant fermée. Actuellement seuls 300
« Conti » ont retrouvé un emploi, quelques uns en CDI, la
majorité en CDD ou en intérim. On ne compte plus les dépressions,
les divorces, les problèmes liés à l’alcool que vivent les salariés
licenciés. Il faut savoir qu’aujourd’hui beaucoup d’ex « Conti »
sont arrivés en fin de droit et ne touchent plus que 15,90 €uros
par jour ou sont au RS.
Le représentant de la CGT Xavier Mathieu résume
amèrement « il y a eu
trop de dégats. C’est comme pour un assassinat : on ne
récupère pas la personne que l’on a perdue mais on est content de
voir les bourreaux condamnés ».
Good
Year
L’exemple « Continental » démontre la
justesse de la lutte menée par les « Good Year » depuis 7
ans. La justice condamne régulièrement les employeurs de sites qui
licencient sans justification économique mais ne donne pas aux
instances représentatives des salariés les moyens d’intervenir en
amont afin d’empêcher les licenciements.
Le gouvernement doit voter une vraie
loi pour interdire tout licenciement dans les entreprises et les
groupes qui font des bénéfices. Cette loi promise par Hollande et
Montebourg aux salariés sur le parking Good Year a été sacrifiée
sur l’autel du profit par nos gouvernants sociaux-démocrates
actuels.
La santé financière d’une entreprise s’entend
au niveau groupe et reste une épine dans le talon d’Achille de la
direction Good Year. En 2013 le groupe va
battre le record des résultats de bénéfices nets (181 millions de
dollars au 2ème trimestre 2013) contre 85 millions de
dollars un an plus tôt.
La lutte sociale menée par les Good Year et leur
syndicat CGT se double d’une lutte juridique : le mercredi 4
septembre 2013, le CHS/CT d’Amiens Nord a assigné en référé la
direction du groupe France au TGI et demande une suspension du
projet de restructuration du site, sachant que la direction ne veut
pas fournir les informations légales au cabinet désigné par le
CHS/CT. Le délibéré a été fixé au 20 septembre.
Une nouvelle audience s’est également tenue au
TGI de Nanterre afin de faire suspendre le plan de licenciement
sachant qu’un transfert clandestin d’activité est prouvé au niveau
européen. Délibéré le 24 septembre.
Les « Good Year » seront
également présents le 10 septembre de 4 h 00 du matin à 22 h 00 le
soir pour le blocage de la Zone Industrielle avec les autres
entreprises en lutte pour la défense des retraites.
Ce même jour un départ en bus est
prévu pour Versailles où la
Cour d’Appel devra prendre position sur le plan de
licenciements en cours
contesté par les salariés.
Communistes soutient sans réserve la lutte
exemplaire menée par les « Good Year » depuis 7 ans et
continuera à populariser leur combat. Seule la lutte de classe sans
concession peut changer le cours des prétentions des capitalistes
aidés par le gouvernement socialiste au détriment de la population de
notre pays.
Il
n’y a que les combats que l’on ne mène pas que l’on perd.
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