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Le secteur du bricolage est un marché
particulièrement dynamique.
Selon l'INSEE, son chiffre d'affaires a doublé
entre 1996 et 2006, année où il atteignait 17
milliards avant de grimper à 24 milliards l'an
dernier. La concurrence y est rude, tous les coups
sont permis.
Rappelons quand même que c'est le patron
de
BRICORAMA
qui a demandé et obtenu l'interdiction de
l'ouverture pour ses concurrents, après avoir été,
lui-même, sommé de fermer le dimanche à l'automne
2012.
Ce
dimanche 29, foulant aux pieds la loi - sans faire
d'ailleurs hurler le ministre de l'Intérieur plus
prompt quand il s'agit des Roms – deux grandes
enseignes ouvraient leurs portes, offrant force
croissants et boissons chaudes aux clients. Entre deux
bouchées, le personnel soi-disant volontaire et si
heureux d'être là leur proposait le stylo pour
signer la pétition réclamant le « droit de
travailler le dimanche ». Les journalistes
arrivés là par hasard, offraient leur micro pour
organiser cette gigantesque opération de propagande
au service du capitalisme. A toutes les heures de
grande écoute de ce dimanche, les medias ont joué
leur partition à la gloire du profit !
Mais quelle
discrétion, quel manque de curiosité sur les
salaires pratiqués dans ces établissements ! A t-on souvent vu des
patrons proposer au personnel d'organiser réunions,
pétitions etc… donner toutes facilités pour
s'exprimer ? La ficelle est grosse.
Arguer
de la nécessité impérieuse de sacrifier son
dimanche pour ceux à qui on ne concède que quelques
centaines
d'euros par mois relève d'un cynisme,
débridé,
Oui,
bien sûr des salariés acceptent de travailler le
dimanche, le soir n'importe quand, en périodes
fractionnées etc. Quel choix ? Quand il faut
de loger, se nourrir avec 1000 ou 1100 € par
mois en
travaillant à temps complet, sinon les salaires
sont bien inférieurs, comment oser parler de libre
choix ? Tous ces gens haïraient-ils les
dimanches ? Non, ils souffrent de salaires de
misère et tous les faux-nez sortis ces jours-ci ne
font que tenter de cacher cette réalité. On ne peut
pas vivre correctement avec un SMIC. Les étudiants ? Mais quel scandale que
de devoir travailler pour se payer sa formation,
son logement etc. parce que la famille ne le peut
pas ! C'est cela la
seule vraie question.
L'opération
d'envergure ainsi menée et si bien relayée
dissimule mal la volonté patronale de faire
exploser ce qui reste du Code du Travail déjà bien
mis à mal par Sarkozy et Hollande. Faire éclater tous les
cadres de référence idéologique, le capital en a
besoin pour conserver l'avantage.
Coup
double cette fois : les syndicats, la CGT
surtout sont à la fois désignés comme ceux qui vont
à l'encontre des droits des salariés et comme des
fauteurs de chômage.
Faut-il
d'ailleurs que cette bataille soit importante à
gagner pour que Leroy-Merlin se dise prêt à payer
120 .000 € d'astreinte par jour !
Fin
du week-end, toutes affaires cessantes, le
gouvernement annonce benoîtement une réunion
exceptionnelle des quelques ministres concernés.
Une commission est nommée pour plancher sur ce
problème sous la houlette de Jean-Claude Bailly.
Celui-ci,
loin d'être inconnu, est un dangereux
récidiviste : au Conseil économique et social,
il proposait dès 2007 d’ôter toute
limite aux ouvertures dominicales. Il a oeuvré
comme PDG de la RATP puis la Poste où il a organisé
la privatisation et a dû quitter précipitamment son
poste après une impressionnante vague de suicides
dans le personnel, non sans avoir tenu des propos
ignobles sur ces employés que son management avait
poussé vers la mort. Le choix du
gouvernement n'est donc franchement pas anodin.
Pour nous
« Communistes », c'est simple : il
faut interdire le travail de nuit et du dimanche,
augmenter considérablement les salaires des
employés et les bourses des étudiants. Il faut
réserver les dérogations d’horaires au strict
nécessaire déjà répertorié.
Non,
les travailleurs ne sont pas dupes de cette
manipulation si bien orchestrée par le capital et
le gouvernement qui le sert si bien ; avec eux
mettons un terme à leur recherche féroce de
nouveaux profits.
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