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N°31  Semaine du 15 au 21 octobre 2007

 

L’affaire Metagenex :

Le gouvernement choisit le fric

contre la science et la santé

Au début de la semaine dernière, le Directeur Général de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) démissionne, acculé par le gouvernement. Pourtant, il avait bien servi le pouvoir depuis sa nomination, il y a sept ans, pour soumettre les laboratoires de cet organisme public de recherche aux objectifs du Capital. Mais trop, c’est trop. Quant on est un médecin et un scientifique avec un minimum d’éthique professionnelle et que l’on est directement impliqué dans une « start-up » qui refuse de tenir compte de la santé publique, la limite est atteinte. Même quand le gouvernement exige que l’on se couche au nom du droit commercial.

 

Cette « start-up », Metagenex avait été créée en 2000 pour développer un test mise au point dans le laboratoire du Directeur général dans une équipe animée par son épouse. Les chercheurs fondateurs de l’entreprise sont devenus par la suite actionnaires minoritaires face à d’autres actionnaires soutenus par AXA et la BNP. Ce test pourrait, peut-être, permettre un jour de détecter les cancers à partir d’une simple prise de sang. Mais les résultats préliminaires obtenus entre les mains d’une seule équipe et quelques cas de cancers d’un type doivent encore être validés : à quels cancers ce test peut-il s’appliquer ? Quelles limites ?… Les scientifiques refusent sa commercialisation. Mais ils sont minoritaires dans la société. Les actionnaires majoritaires sont pressés et rêvent de profits fabuleux : des milliards de clients potentiels. Cependant le Directeur général de l’INSERM a encore une arme. Le test est sous licence de l’INSERM. Il faut que l’INSERM cède la licence, ce que le Directeur Général refuse. Mais le gouvernement veille. Le Ministère de la Recherche et le Ministère de la Santé (!), qui sont les tutelles de l’INSERM, exigent que la licence soit cédée, d’où la démission du Directeur de l’INSERM.

 

L’absence d’encadrement médical sérieux des tests avant leur mise sur le marché ne préoccupe guère le gouvernement. Pour les ministères, le droit commercial doit être respecté, tant pis si cela pose un sérieux problème en matière de santé. De nombreux médias parmi ceux qui sont considérés comme les plus respectables par l’Opinion, pourtant informés par des syndicats de la recherche publique, s’efforcent de masquer le problème de fond de l’insuffisance d’encadrement médical des tests. Comme le gouvernement, ils préfèrent se limiter au possible conflit d’intérêt (Metagenex contre l’INSERM) qui serait le seul problème de l’ex-Directeur Général de l’INSERM. Le Capital et le Gouvernement peuvent dormir tranquilles.

 

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