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1.400.000 jeunes
français tués, des blessés par millions, des invalides, des
« gueules cassées »… Tous les grands moyens d’information
versent aujourd’hui des larmes hypocrites sur les
« poilus » qui défendirent « la patrie en danger »
au péril de leur vie. Pendant 4 ans,
tous les jeunes paysans et ouvriers furent envoyés au
massacre.
Gouvernement
et médias répétaient sans interruption qu’il s’agissait d’une
« guerre défensive » contre l’Allemagne où les mêmes
arguments étaient utilisés. Dans tous les pays d’Europe, les sections
de l’Internationale Ouvrière qui regroupaient les partis socialistes
d’alors se rangèrent derrière leur bourgeoisie au pouvoir. Jean Jaurès qui s’opposa
de toutes ses forces à la guerre, sera assassiné le 31 juillet 1914. Dès lors « l’union sacrée »
prônée par le Président Poincaré deviendra l’unique mot- d’ordre. En
Allemagne le parti socialiste SPD, pilier décisif de la 2ème
internationale, votera les crédits militaires et s’engagera aux côtés
du kaiser Guillaume II. Karl Liebknecht, député de Berlin, votera
seul contre les crédits militaires, il ira en prison. Rosa Luxembourg
y passera une grande partie de la guerre. Le déclenchement de cette 1ère
guerre mondiale a été
favorisé par la propagande chauvine et, plus grave, par la trahison
du mouvement socialiste et syndical. Des millions de prolétaires
d’Europe se sont entretués au nom d’une guerre impérialiste
bénéficiant uniquement à la bourgeoisie européenne.
Les profiteurs de guerre
Cette
guerre aussi appelée « première guerre industrielle, a vu un
développement extraordinaire des groupes capitalistes industriels et
financiers dans chacun des pays belligérants, particulièrement en
France, en Allemagne et en Grande Bretagne.
Tout
ce beau monde s’était engraissé avec les fournitures de guerre,
tandis qu’à l’arrière les salaires étaient réduits au minimum vital
« pour assurer la victoire de la patrie » et bien sûr
« pour ne pas compromettre la compétitivité des
entreprises » (déjà !). Toutes les classes dominantes
avaient eu intérêt à déclencher la guerre : les grands
propriétaires fonciers, les marchands de canons, les banquiers et les
spéculateurs avides.
En
Allemagne le groupe sidérurgique Krupp a clôturé les années de guerre
avec un bénéfice de quelque 40 millions de marks de l’époque, une
somme énorme. Le journaliste allemand Guntter Walraff a relaté
comment les soldats allemands se faisaient déchiqueter par les grenades britanniques
pourvues de mécanisme de mise à feu breveté par Krupp. Pour chaque
grenade lancée sur les « armées de la patrie » Krupp
empochait 60 marks.
Les
travailleurs des pays en guerre s’entretuaient tandis que Krupp et le
fabriquant britannique de mitrailleuses Vickers pouvaient compter sur
une « collaboration fructueuse ».
En
France, le groupe Schneider fournira une grande partie de l’armement
et des munitions utilisés pendant 4 ans.
Automitrailleuse
RENAULT 1915
Les
groupes de constructions mécaniques comme Renault, les sociétés minières
et bien d’autres vont s’étendre, s’enrichir comme jamais, car les
causes de cette guerre sont avant tout et de loin économiques.
Cette
guerre fut une époque bénie pour les maîtres de forges, chaque
combattant « consommant » trois tonnes d’acier par an. En
1916 François de Wendel, qui se vantait d’être un grand patriote,
demanda dans une lettre à l’Etat-major français que l’on évite de
bombarder la zone de Briey en Lorraine, en territoire occupé par les
allemands, pour épargner les usines sidérurgiques de la famille. Ces
usines où se fabriquaient pourtant des obus pour l’armée allemande,
ne furent pas bombardées.
Renault
qui dispose de 500 ouvriers en septembre 14 à la production des
moteurs d’avions, en fera travailler plus de 4.000 dans son usine de
Billancourt en 1917. En 1914 on produit en France 100 mitrailleuses,
on en fabrique 17.000 en 1918. Au Royaume –Uni on produit 5 millions
d’obus en 1914, 67 millions en 1918.
La
population civile est sollicitée, les emprunts serviront à financer
« l’effort de guerre ».
La
grande guerre est dans la continuité des conflits liés au
développement du capitalisme dans le monde. Pour Lénine, c’est un
conflit impérialiste pour le partage du monde, pour la redistribution
des colonies, des zones d’influence du capital financier
(Lénine : l’impérialisme, stade suprême du capitalisme – 1917).
21
ans après la fin de la première guerre mondiale, Hitler
déclenchait la 2ème pour les mêmes raisons. Elle fut
encore bien plus terrible. On
connait les millions de morts, les populations massacrées, les villes
rasées…
Aujourd’hui,
la guerre économique permanente que se livrent les groupes
capitalistes multinationaux et leurs gouvernements, se traduit par
des affrontements militaires. Ce qui se passe actuellement dans le
monde accroît gravement le danger d’un conflit étendu à l’échelle de
la planète.
Il est plus que jamais urgent de lutter partout
pour imposer la paix dans le monde.
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