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Cette production, ces technologies, ces marques, ces
qualifications doivent rester en France pour garder l'emploi et
équiper les foyers. Seule la nationalisation définitive et sans
indemnisation permettra
de recréer un grand pôle électroménager.
Fagor-Brandt, dernier groupe
généraliste d'électroménager en France, plus de 2000
emplois a déposé son
bilan le 6 novembre. Ses 4 usines sont mises à l'arrêt à La
Roche/Yon et
Aizenay (Vendée),
à Vendôme (Loir et Cher) et à St Jean de la Ruelle (Loiret).
Pourtant :
➢
ce
groupe fabrique et vend 2 millions de produits par an sur le
marché français,
➢
les
carnets de commandes sont pleins ( en attente : 80
millions d'euros de produits à fabriquer) mais les fournisseurs
de matières premières, plus payés depuis des semaines, ont
cessé d'alimenter les usines.
➢
FB
bénéficie de technologies de pointe avec un secteur Recherche
et Développement hérité de la période où ce groupe – alors
Thomson- était nationalisé ; des procédés innovants dans
le domaine de la domotique et dans le développement durable.
➢
FB
fabrique des marques synonymes de qualité : Vedette,
Sauter, De Dietrich et bien sûr Fagor et Brandt.
➢
FB
a bénéficié de très nombreuses aides publiques,
Mais la maison – mère espagnole,
Mondragon, a refusé de sauver sa filiale française. Elle a mis la main sur Brandt en
2005 en l'associant à Fagor electodomesticos.
Elle l 'a même vidée au fil des
années, utilisant les profits dégagés en France dans la
construction d'un nouveau pôle à Wroclaw en Pologne dans l'espoir
d'une main- d'oeuvre bon marché. Elle a délocalisé le froid et
les appareils de cuisson- sauf les micro-ondes.
Elle a attribué les marques à sa
filiale irlandaise et a disposé de tous les brevets dont
Fagor-Brandt ne dispose plus librement.
Elle a réorienté la production qui
allait de la moyenne à la très haute gamme vers des produits
low-cost, marques distributeurs.
Stratégie assez classique de toutes
les entreprises capitalistes, mais justement Mondragon n'est
pas ou prétendait ne pas être une société capitaliste, c'est
une coopérative ! La plus grande coopérative.
du monde avec ses 83 000 salariés,
plus de 270 structures, créée en 1956 par un jeune prêtre
basque et qui s'est développée dans les années 60 à 90, créant
sa banque, ses écoles, son université etc.
Progressivement, la proportion de
« socios », les coopérateurs, exclusivement basques,
ne cessait de décroître face aux salariés des filiales
étrangères en Europe mais aussi en Chine.
Ce système de «
cogestion », cet îlot de socialisme dans un pays
capitaliste » devant lequel s'extasiaient la CFDT et
tous les pseudo-néo révolutionnaires des années 70 et 80, après
avoir coexisté sans encombre avec le franquisme s'est adapté, sans la moindre
difficulté, à la plus pure gestion capitaliste. Les décisions du
groupe «sont aujourd'hui dans la mouvance de n'importe quelle
multinationale capitaliste analyse P. Braglia, un délégué CGT
de Fagor-Brandt rappelant cette phrase d'un responsable
espagnol venu en France en 2005, s'adressant aux salariés : “Nous
sommes les actionnaires et nous n’avons pas les mêmes
intérêts.” ».
Les salariés de Fagor-Brandt sont
entrés en lutte, nous les soutenons, nous en sommes.
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