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Le 5 septembre, trois
ministres, Montebourg, Bricq, Cazeneuve étaient à
Cherbourg pour se féliciter d’une commande de 30
navires d’une valeur de 200 millions d’euros pour le
Mozambique, décrochée par le chantier naval des
Constructions Mécaniques de Normandie.
Patatras !
Quelques jours après il est annoncé que 24 de ces
navires seront construits en Roumanie et que pour ceux
construits à Cherbourg une centaine d’embauches de
salariés lettons et roumains seront réalisées au
détriment d’une main d’œuvre locale qui existe et qui
est au chômage. Embauches réalisées bien sûr au nom de la
compétitivité. Les ministres n’ont pas fait de
commentaire.
Il en est
ainsi dans toutes les activités. Que cse soit le
bâtiment, l’agriculture, l’industrie, les services. L’abattoir breton
Gad qui vient de fermer
employait une centaine de roumains. Dernier
exemple en date sur le chantier du TGV Rennes-le Mans on
emploie des ouvriers ukrainiens payés 585 euros pour 40
heures de travail. Leur employeur un sous- traitant de
sous- traitant d’Eiffage ne leur a pas payé leur
salaire d’octobre ce qui les a amené à faire deux jours
de grève sur le chantier.
Lorsque, on écoute
bien les camionneurs qui protestent contre l’écotaxe,
on les entend vite se plaindre de la concurrence des
conducteurs de Pologne et d’Europe de l’Est qui sont
payés par les entreprises de transport à des salaires low
cost.
Au total il y aurait
300.000 travailleurs employés en France dans ces
conditions dites de « travailleurs
détachés ».
Comment est-ce possible ?
Il s’agit
d’une directive européenne qui prévoit le détachement
des travailleurs d’un pays pour exercer dans un autre
au nom de la « libre circulation ». Elle prévoit que les
salaires soient celui du pays d’accueil (on voit dans
les exemples cités qu’il n’en est rien), les
cotisations sociales étant celles du pays d’origine,
toujours inférieures à celles dues en France. Une
baisse du coût du travail de l’ordre de 30 à 40%. Une
augmentation conséquente des profits des employeurs.
La Commission
Européenne a une nouvelle fois bien répondu aux
exigences du capitalisme européen dont elle assure la
gestion au niveau de l’Europe.
Devant ces conditions
scandaleuses d’exploitation des salariés le gouvernement
français fait mine de s’émouvoir. Le 27 novembre, au
Conseil des Ministres, M. Sapin annonce « un plan
de lutte ». Il consistera a-t-il déclaré en « une
intensification des contrôles et à un
renforcement rapide de notre arsenal législatif »,
soutenu par une forte déclaration de Hollande « C’est
un débat extrêmement important». Rien de quoi
inquiéter le patronat et le faire renoncer à
l’exploitation des « travailleurs détachés ».
La Commission
Européenne n’est pas en reste. Elle envisage une révision
de sa directive. Sauf sur un point : celui
des salaires et cotisations sociales. Sans commentaire.
Une campagne nauséabonde.
Le Medef par la voix
de son président P. Gattaz déclare : il y a
beaucoup de destructions d’emplois liées à cette
directive en France. Quel cynisme ! Comme si
ceux qui détruisent l’emploi en France n’étaient pas
ceux qui l’on élu à son poste et qui sont les premiers
à bénéficier de cette situation au nom du profit
capitaliste.
Pour le FN
le patronat n’est pas responsable.
De son côté, le FN en
profite pour dénoncer la présence de ces travailleurs.
Dans cette dénonciation il oublie volontairement la
responsabilité du patronat de tous les pays, tous
d’accord pour exploiter les salariés quelles que soient
leurs origines nationales. Il poursuit sa politique de
soutien au capitalisme en dressant les victimes de
celui-ci les une contre les autres.
Solidarité de tous les salariés.
Ces
« travailleurs détachés » sont victimes dans
leurs pays du capitalisme qui les payent avec un Smic
de 200 à 300 euros mensuels. A « Communistes »
nous nous refusons à les considérer comme les
responsables du chômage qui détruit notre pays. Ils
sont comme nous des victimes de l’exploitation
capitaliste. Nous sommes à leurs côtés dans leur
lutte pour le respect de leurs droits lorsqu’ils
travaillent en France, comme nous sommes à leurs côtés
lorsqu’ils luttent dans leurs pays pour l’augmentation
de leurs salaires.
Les uns et les autres nous n’avons qu’un même
adversaire : le capitalisme.
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