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Le patronat vient de
remettre en cause le droit à la formation
professionnelle, approuvé une fois de
plus par la CFDT, FO, la CGC etc.
Des
« négociations » initiées par
le gouvernement et le MEDEF se sont
tenues sous la houlette de la Commission
Européenne. Leur but : adapter
étroitement la formation aux besoins
actuels des grandes entreprises
capitalistes. Elles se sont situées
d’emblée dans la suite de l’ANI, ce
contrat scélérat signé il y a un an par
le patronat et la CFDT.
Ce
texte s’inscrit dans la déréglementation
généralisée des contrats de travail. Il
accompagne la casse du code du travail.
Pour faire admettre la mobilité
professionnelle et géographique comme un
principe, il ne restait plus qu’à détruire
le peu qui restait de la formation
professionnelle qualifiante reconnue par
une certification avec un salaire
correspondant. C’est ce qui vient d’être
fait.
Ces
objectifs étaient clairement énoncés dans
les directives européennes de décembre
2012 en application du traité de Lisbonne :
« il convient d'assurer une
plus grande
flexibilité des parcours de
formation. La mobilité doit être accrue
et la Charte européenne pour la
mobilité doit être appliquée ». On
lit dans ces mêmes directives :
l'Europe « doit avoir des
professionnels mobiles et très qualifiés
pouvant se rendre facilement là où se
trouve la demande ». La mobilité
remplaçant la garantie de
l’emploi !
La
formation professionnelle, qu'elle soit
initiale ou continue devrait former tout
au long de la vie professionnelle, non
seulement le travailleur mais aussi
l'homme et le citoyen. Dans le système
capitaliste, elle est conçue uniquement
pour accroître les profits du patronat et
formater l’esprit du salarié ou du
chômeur
pour lui faire accepter la
faiblesse de la rémunération, la
flexibilité, la précarité, la mobilité,
Que
les représentants d’organisations
syndicales aient approuvé un tel texte,
qu’ils trouvent normal de voir les noms
de leurs syndicats figurer à côté de
celui des syndicats patronaux, c’est
inadmissible !
Catherine
PERRET, membre de la Commission Exécutive
de la CGT, dirigeait la délégation de ce
syndicat qui a participé à ces sinistres
« négociations ». Fort
justement, elle et sa délégation ont
refusé de signer ce texte qu’ils ont
estimé contraire aux intérêts des
salariés. Cela n’a pas plu à T. Lepaon
secrétaire général et au Bureau
Confédéral, lequel aurait voulu que la
CGT signe ce texte.
Les
choses ont changé. Sous la pression, la
direction de la CGT a dû revoir sa position.
Une déclaration officielle de la
CGT datée du 19 décembre annonce que les
organisations seront consultées sur la
base suivante : « … De l’avis
de la direction Confédérale, la baisse
des obligations de formation pour les
grandes entreprises et des droits dans le
texte sans financement ne permettent pas
une signature de cet accord par la CGT.
C’est sur cette base que les
organisations de la CGT seront
consultées… »
Bravo,
camarade Perret.
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