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Le patronat prône depuis
longtemps: « le
rétablissement de la compétitivité des
entreprises par la baisse du coût du
travail ». Selon les normes
capitalistes, La compétitivité d’une
entreprise est mesurée par la différence
entre l’offre faite par un opérateur et
celle de ses compétiteurs, le tout en
principe sur un marché où la « concurrence
est non
faussée ». L’ennui,
c’est qu’une telle concurrence n’existe
pas. Les législations sociales, les
systèmes fiscaux différents, les aides
aux entreprises, les normes spécifiques
sont autant d’éléments qui apportent
des distorsions énormes
à cette : « concurrence
non faussée ».
La
revendication permanente du patronat se
base pour l’essentiel sur une baisse du
coût du travail:
-En
agissant sur le salaire direct, c’est
ce que fait le gouvernement en bloquant
le point d’indice dans la fonction
publique.
-En
entretenant une « armée de
réserve » qu’est le chômage de
masse, la précarité organisée et le
temps partiel, il fait pression sur les
rémunérations. --La
baisse est atteinte aussi en réduisant
le salaire socialisé qui alimente
les budgets de la protection sociale et
des retraites. Ce salaire prélevé sur
la richesse produite par le travail. Les
« charges sociales » comme
les appelle le patronat sont en réalité
du salaire. Les supprimer revient
purement et simplement à diminuer les
salaires. Patronat et gouvernement veulent
dégager les entreprises de la
branche famille de la sécurité sociale.
Il
s’agit en clair d’une baisse des
salaires de 35 milliards !
Cette mesure n’est pas unique, ni
spécifiquement française et le patronat
s’en réjouit bruyamment
Déjà
il y a 12 ans (en 2002), un dirigeant d’alors
du MEDEF déclarait : « la
logique de l’économie nationale est
incompatible avec les acquis sociaux et
la société souhaitée par les
salariés ». Déjà nous écrivions
« Autrement dit, les salariés en
veulent trop ! C’est pourquoi le
patronat, sous le couvert de ce qu’il
appelle la « modération
sociale » veut remodeler toute la
société française, il veut bouleverser
les rapports sociaux de fond en comble.
Cela se traduirait par la liquidation
de nos conquêtes sociales et démocratiques
essentielles. En 2002 !
Revenons
à aujourd’hui. L’Organisation
Internationale du Travail (OIT)
remarque : « Les
entreprises ont préféré préserver leur
trésorerie ou racheter leurs propres
actions plutôt que d’investir dans la
production ». Le résultat
c’est que le chômage mondial explose.
Selon l’OIT, il a
augmenté de 5 millions pour atteindre
la valeur de 202 millions en 2013 avec
une perspective à 215 millions en 2018.
Une étude
menée à l’Université de Lille montre que
les salaires ne sont pas responsables
de la crise du capitalisme et tentent d’évaluer
ce qui mine son développement. Cette
démonstration valide notre analyse sur
un aspect : il est possible de
répondre aux revendications immédiates
en matière de salaire, d’emploi,
d’éducation et de protection sociale. Pour
que cette possibilité puisse devenir
réalité sans s’attaquer à la logique
même de la propriété privée du capital,
à la recherche du profit maximum par
l’exploitation capitaliste. Le
capitalisme n’est pas réformable. Ainsi
la Confédération Européenne des
Syndicats CES) distingue-t-elle
l’économie réelle de l’économie
« casino » comme si l’une et
l’autre étaient dissociables.
La CGT
formalise les choses de la manière
suivante : « Deux
éléments, deux facteurs de production
sont nécessaires à la création de
richesse : le travail et le
capital. Tous deux sont rémunérés et
représentent donc un « coût »
pour l’entreprise ». Il est
difficile d’être plus clair !!
La
direction de la CGT pense
que l’exploitation du travail salarié
par le détenteur du capital ne serait
plus au cœur des rapports sociaux
capitalistes ! Il ne resterait
plus qu’à négocier le partage de la
rémunération respective du travail et
du capital pour que tout
s’arrange ! C’est ce qu’elle
défend en demandant des « contreparties »
au patronat dans l’application du
« pacte de responsabilité »
en échange des 35 milliards de cadeaux
sur la branche famille.
Ce
n’est pas notre point de vue ! La
« crise » est le mode de
développement du capitalisme parce que
sa loi, répétons-le, est celle de la
recherche du profit maximum. Il faut
arracher par la lutte tout ce qui est
possible, mais il ne sera possible de
mettre un terme à cette crise qu’en
supprimant l’exploitation capitaliste
et en ouvrant la voie à des rapports
sociaux enfin débarrassés de ce système.
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