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Depuis
lundi Ayrault rencontre le MEDEF et
l'ensemble des syndicats pour obtenir
leur accord sur le « pacte de
responsabilité ».
Ce type de rencontre dans le
cadre du « dialogue social »
a déjà démontré que les syndicats
devenus « partenaires », le
gouvernement et le patronat cherchent
ensemble ce qu'ils appellent « la
sortie de crise » du capitalisme.
– Janvier 2012, l'accord national
interprofessionnel (A.N.I), repris
actuellement dans toutes les sociétés
et notamment les plus grosses, permet
aux patrons de licencier plus
facilement et d'exercer un chantage
ignoble à l'emploi.
– L'accord sur les retraites a
non seulement fait reculer l'âge
d'accès à la retraite, augmenté le
nombre d'annuités, mais aussi diminué
le montant des pensions.
– L'accord sur la formation
professionnelle, supprime le droit à
choisir sa formation, elle est désormais
soumise aux seuls choix des patrons.
Les cotisations qui permettent le
financement de cette formation
professionnelle, prélevées sur le
travail (entreprise) sont aujourd'hui
pratiquement supprimées.
– Des négociations ont lieu
actuellement sur l'assurance chômage.
Il est question de diminuer le temps
d'indemnisation des chômeurs, les
cotisations des entreprises et les
indemnités.
– Mercredi ont débuté des
rencontres entre gouvernement et
patronat, les syndicats vont y être
associés sur le thème de la fiscalité.
Le Medef exige de réduire l'impôt sur les
entreprises, de supprimer les contrôles
fiscaux en « rapprochant
l'entreprise et l'État », et de
supprimer la fiscalité locale (ex
taxe professionnelle) qui finance les
services dans les collectivités
locales.
Voilà le résultat du « dialogue
social » voulu par l'ensemble des
syndicats, du patronat, et du
gouvernement.
À chaque rencontre et «
négociations », ce sont de nouveaux
reculs sociaux.
« Le pacte de responsabilité »
élaborée par le Medef et le
gouvernement supprime les cotisations
de la branche famille et offre 35 milliards
de cadeaux supplémentaires au capital.
C'est une attaque sans précédent sur la
protection sociale. Les syndicats sont
« invités » à négocier cette
mesure.
Sous des formes différentes, ils
sont tous d'accord. Ils demanderaient
tous des « contreparties » au patronat.
Lesquelles ?
Dans une déclaration commune la
CGT, la CFDT, l’UNSA, la FSU,
revendiquent la « généralisation de la
conditionnalité des aides et
exonérations fiscales aux entreprises
».
Les syndicats ne sont donc pas
contre la suppression des cotisations
de la branche famille versées par le
patronat (cotisations
financées par le travail des
salariés), à condition qu’il y ait des
contreparties. Encore une fois
lesquelles ?
Thierry Lepaon, secrétaire de la
CGT, lors de la rencontre avec Ayrault,
dénonce « l'attaque de grande
ampleur contre la protection
sociale ». Très juste !
– Il dénonce également la baisse
de la dépense publique de 50 milliards
en disant « baisser encore les
dépenses publiques, c'est dégrader le
service public ». Très juste !
-Il dit encore « de nombreuses
entreprises à l'instar de celle du
CAC40, ont maintenu voir augmenté leurs
taux de distribution des dividendes aux
actionnaires malgré la crise. » Encore
très juste.
Mais en conclusion, la CGT comme
les autres syndicats demandent
des « contreparties »
au patronat. Lesquelles ? Elle
demande également la construction d'un
« indice public du coût du
capital », et un autre sur le
partage des richesses. La direction de
la CGT considère donc qu'il suffirait
d'équilibrer la rémunération du capital
et du travail pour que tout change.
La cause unique de l'aggravation
de la situation sociale et économique,
c’est l’existence du capital lui-même.
Le « dialogue social » avec les
multinationales s’est toujours traduit
par des reculs sociaux. Il n'y a que
les luttes qui permettent le progrès
social.
L’histoire du mouvement ouvrier
en France et dans le monde en est une
éclatante démonstration.
La journée d’action du 6
février prochain à l’appel de la CGT
doit permettre de construire des luttes
puissantes pour mettre un coup d’arrêt
à cette politique et satisfaire les
revendications.
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