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La
cour des comptes, présidée par le
socialiste D. Migaud, dont il faut
rappeler qu’il fut nommé par N.
Sarkozy, vient de rendre son rapport
annuel. Si cette cour est censée
analyser les comptes de la Nation et
évaluer en partie les politiques
publiques, elle joue
surtout un rôle de défenseur acharné
d’une politique d’austérité au service
du grand capital. Ainsi,
alors que l’élagage des dépenses
publiques s’amplifie et se traduit par
des reculs dans les services publics et
la protection sociale, la cour
estime-t-elle que les
« économies » sont
insuffisantes. Cela donne une
bénédiction au gouvernement qui, en
plus du hold-up de 35 milliards sur les
salaires avec le « pacte de
responsabilité »,
entend diminuer de 50 milliards
d’Euros en trois ans les dépenses de
l’État. Cette affirmation d’une
nécessaire austérité renforcée est
reprise en boucle par tous les médias
qui en font une « vérité » en
s’abritant derrière la soi-disant
impartialité de cette cour des comptes.
C’est sans surprise que la même cour
s’attaque aux «
privilèges ». Bien entendu les
exploiteurs capitalistes ne font pas
partie de cette catégorie. Ils peuvent
frauder le fisc, cela représente 95
milliards d’Euros par an, et bénéficier
de plus de 200 milliards d’exonérations
diverses, cela n’intéresse pas la cour.
Ce qui intéresse la cour c’est le
cheminot qui bénéficie d’avantages en
nature par des réductions sur les
transports qu’il fait fonctionner contre
vent et marées, le salarié qui touche
une prime au lieu de la juste et
nécessaire augmentation de salaire que
son patron lui refuse, parce que les
primes cela coûte moins cher au patron
et à l’État. Ainsi, Les salariés sont
aux yeux des Messieurs et Dames de la
cour les horribles privilégiés qui
mettent en péril la compétitivité
française. Tous ces arguments sont
évidemment repris comme des armes de
guerre par les patrons, l’État et les
journalistes à leur service contre les
salariés.
Hollande
appelle à sévir contre les
« tricheurs » qui pilleraient
la sécu mais il ne dit pas un mot sur
les dettes des entreprises (plus de 90
milliards d’Euros). Pépi le patron de
la SNCF veut remettre en cause des
avantages acquis par la lutte des
cheminots. Les habitués des plateaux de
télévision n’ont pas de mots assez durs
pour fustiger les
« privilèges » des salariés
et exiger qu’ils rendent gorge.
Partout, les entreprises licencient
jetant à la rue des millions de
salariés pendant que Montebourg s’en
prend avec violence aux militants de la
CGT qui « osent » se battre.
Tout cela n’est que le reflet d’une
lutte de classe intense ou la cour des
comptes joue la petite musique du
capital !
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