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De tout temps, la propagande des pouvoirs
en place fait croire au peuple que les
élections municipales n'ont rien à voir
avec la politique nationale.
De
tout temps, la démocratie locale, les
36 000 communes ont été un
obstacle à la structuration du capital
et à son développement national.
Depuis
la construction de l'Europe
capitaliste, les communes françaises
ont fait l'objet de pressions énormes.
Les lois de « décentralisation » ont
petit à petit supprimé les compétences
des communes pour les transférer sur
les communautés de communes ou d'agglomération,
les départements et surtout les
régions.
La
pression sur les communes ne s'exerce
pas seulement sur le transfert de
compétences, mais aussi sur les
moyens financiers en constante
diminution, ce qui est un bon moyen
pour les asphyxier et les rendre
inefficaces.
Les
réformes continuelles de 1986 à 2011
ont conduit à supprimer la taxe
professionnelle des entreprises, ce qui
représente une exonération fiscale de
250 milliards d'euros de cadeaux
accumulés et comme conséquence des
difficultés pour les communes dans la
réponse aux besoins des populations.
Le
manque de recettes des communes devait
être assuré par un financement de
l'État par l'intermédiaire des
communautés de communes et des régions,
mais dans le cadre de la « baisse de la
dépense publique », le gouvernement a
décidé de diminuer la dotation aux
collectivités locales de 1,5 milliards
par an.
Mais
le gouvernement veut
aller plus loin, les négociations
actuelles sur la fiscalité locale
touchent bien
sûr les communes et l'ensemble des
collectivités territoriales.
Communes,
communautés de communes, départements
et régions sont financés aujourd'hui
par 125 milliards d'euros d'impôts
locaux. Il est question que ce
financement soit distribué selon les
compétences des différentes collectivités.
On comprend bien que le transfert de
compétences est une manœuvre pour
supprimer des dizaines de milliers de
communes, des dizaines de départements
et de centraliser les pouvoirs au
travers des 7 "grandes
régions" (au lieu de 25 actuellement).
Les entreprises
sont très intéressées par les élections
municipales. Le Medef, veut sa part du
gâteau.
Après
la suppression de la taxe
professionnelle (250 milliards), après
230 milliards d'exonérations fiscales
et sociales diverses, après 20
milliards de crédits d'impôt
compétitivité, après 35 milliards de
cadeaux supplémentaires par la
suppression des cotisations sur la
branche famille, le Medef s'invite dans
le débat sur les élections municipales.
Et pour cause, il y a beaucoup d'argent
à gagner !
Dans une lettre
adressée aux têtes de liste aux
élections municipales, le Medef exerce
un chantage ignoble à l'emploi. Dans
sa lettre et à la suite de tout un
baratin sur l'entreprise " facteur
indispensable du développement
économique de la commune", le
Medef avance ses propositions :
1°-«
la simplification indispensable de
notre environnement réglementaire ».
Reprenant
les objectifs du gouvernement Hollande
sur le « choc de simplification",
le Medef précise : « trop de
réglementations, de contraintes, de
complexité… Si vous êtes élus, vous
aurez à décider de nouvelles règles, de
nouveaux règlements, nous vous
proposons : d'examiner les règles
existantes impactant les entreprises,
dépendant de vos pouvoirs de Maire,
afin d'envisager ensemble si elles
doivent être supprimées... D'adopter
clairement la démarche mise en place en
Grande-Bretagne : pour toute
réglementation nouvelle, une ancienne
supprimée… Les entreprises sont prêtes
à se mobiliser à vos côtés pour
accompagner ce mouvement déterminant ».
2°-
Privatisation des services.
« Les
progrès techniques nous permettent
aujourd'hui de nouvelles organisations…
De créer de nouveaux services…
D'optimiser les coûts (éclairage,
déchets, transport, eau, etc.)… Les
entreprises désirent être à vos côtés
pour réfléchir à cette « ville de
demain »… C'est un objectif qui doit
concerner chaque commune ».
3°-
la nécessité de baisser la pression
fiscale locale comme nationale.
« La
baisse des dépenses publiques est un
impératif afin de pouvoir alléger les
taxes et impôts pesant sur les
entreprises… Là encore, nos entreprises
sont prêtes à se mobiliser à vos côtés
».
Et
pour terminer : « notre organisation se
propose de renforcer les liens
permanents qui devraient exister entre
élus et chefs d'entreprise ».
En clair, le
MEDEF demande aux collectivités locales
d’agir
pour supprimer les contraintes,
c’est à cette condition que les
entreprises
s’installeront sur leurs
territoires. Cela ressemble fort au
chantage à l’emploi que les patrons
exercent dans les entreprises contre
les salariés dans les accords de
« compétitivité ».
Qui
dit encore que les élections
municipales ne sont pas un enjeu
national majeur ?
On
voit bien que les négociations
actuelles sur la fiscalité, le chantage
du Medef sur les communes, n'ont qu'un
but : augmenter les profits.
Les
communes, départements et régions ne
doivent pas échapper à cette règle, le
capital veut tout maîtriser.
Le 23 mars
sera l’occasion de dire « ça
suffit » à la politique du capital
et à tous ceux qui la mettent en œuvre.
Nous dirons Non à l’UMP, au
FN, au PS et à ses alliés. Pour
que ça change vraiment il faut
rompre
avec ce système d’alternance
sans risque avec le capital
Pour « Communistes », la réponse
aux besoins sociaux passe
par l'appropriation des moyens de
production et d'échange. C’est dans ce
cadre que les communes doivent jouer
leur rôle, organiser les services,
disposer des droits et des moyens
concernant
l’éducation, le logement, les
transports, la santé en coopération et
non pas en concurrence avec les autres
collectivités territoriales.
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