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Fusion, rachat dans la
téléphonie … la bataille fait rage
entre les quatre opérateurs français.
Bouygues
annonce la vente de son réseau à Free, une
offre financée à hauteur de
10,5 milliards d'euros.
Numericable
va dépenser 11,75 milliards d’euros en
cash pour le
rachat de SFR à Vivendi, celui-ci
gardera 32 % du capital du nouvel
ensemble.
Pourtant,
Numericable est une petite entreprise
par rapport à SFR mais cette entreprise
de cinq milliards s’endette à hauteur
de dix milliards pour acheter plus gros
qu’elle !
Nous ne sommes pas dupes, la
stratégie demeure avant tout financière,
se traduisant par une logique de spéculation
boursière visant à augmenter les
intérêts des actionnaires.
Derrière la façade se
trouvent ceux qui tirent les ficelles
de ces opérations comme les
banques HSBC, Rothschild, la Société
Générale et Citigroup, BNP Paribas,
Lazard et Goldman Sachs, Deutsche Bank
et les services de JP Morgan et de
Morgan Stanley …
Le ministre Montebourg déclare à propos
de Patrick Drahi principal
actionnaire de Numericable. « Numéricable
a une holding au Luxembourg, son
entreprise est côté à la bourse
d’Amsterdam, la participation personnelle
de son patron est à Guernesey dans un
paradis fiscal de sa majesté la Reine
d’Angleterre et ce dernier est résident
suisse ». Montebourg s’agite, gesticule mais accompagne
les patrons du grand capital.
Numericable
devient aujourd’hui un nouveau géant
des télécoms en France; dans le fixe,
il comptabilisera 6,7 millions
d’abonnés et dans le mobile, près de 17
millions. Cela va dans le sens de l’objectif du capitalisme
européen qui est de réduire le nombre
d’opérateurs en Europe pour mieux se
partager le gâteau. C’est la recette de
Bouygues : objectif premier supprimer
un opérateur sur quatre, puis à court
terme éliminer un réseau sur deux dans
la nouvelle entité.
En effet, SFR et Bouygues sont
soit disant concurrents, mais ils ont
commencé à mutualiser leurs stations
mobiles. Moins de salariés … les
investisseurs apprécient : le
titre a bondi de 6,59 %.
Oui la casse sociale est en route
dans ce secteur aussi. « Les
entreprises doivent se dépasser,
redistribuer les gains
d’efficacité » a dit le Président de l'autorité de la concurrence nommé par le
Président de la République, au
journal financier « Les
Echos ».
Nos grands
acteurs nationaux sont encore
trop « petits » à l'échelle de
la concurrence capitaliste mondiale et
même européenne.
Derrière cette guerre des
opérateurs téléphoniques ce ne sont pas
les intérêts et les besoins des «
clients » qui sont pris en compte et
encore moins les besoins des salariés.
Non, l’objectif, ce n’est pas
l’amélioration du réseau, des services,
pas plus qu’une baisse des coûts de
communication. L’objectif, en réalité,
est de chercher toujours plus de
profitabilité dans un secteur qui
représente déjà 9% du PIB européen avec
un ratio de marge opérationnelle sur
chiffre d’affaires estimé à 35%. Soit
le secteur le plus rentable derrière
celui du pétrole.
Accepter la stratégie
capitaliste conduira inévitablement et
à très court terme à un sous-investissement
chronique gageant l’avenir et
l’innovation, à une destruction massive
de milliers d’emplois et à une
dégradation du service rendu. Cet
argent gaspillé, cet enrichissement des
entreprises c’est le travail des
salariés qui le produit.
Il y a
urgence de revenir à un service public
dans les télécoms qui se donne comme
finalité la réponse aux besoins de la
population et des salariés. Cela passe
par le choix politique de
nationalisation du secteur. Notre
nation doit garder son indépendance
nationale dans ce domaine vital. Comme dans d’autres secteurs,
on le voit, l’argent existe, il doit
être utilisé pour une politique de
tarifs abordables et d’un haut niveau.
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