|
La confédération CGT a commandité
une étude à une équipe d’économiste de
l’Université de Lille. Ces derniers
sont venus présenter leurs travaux lors
d’un débat organisé par la CGT de
Jussieu. Les économistes qui ont fait
ce travail ne se cachent pas
d’appartenir à l’école
post-keynésienne. Leurs travaux
révèlent, données à l’appui, que le
capitalisme monopoliste moderne
engloutit dans la financiarisation des
capitaux considérables qui ne sont pas
réinvestis dans la production et
alimentent la spéculation mondiale. De
même, ils montrent que l’Euro est une
arme redoutable mettant en compétition
dépressive les salaires dans toute
l’Europe ce qui rend illusoire une
relance qui ne serait pas alimentée par
une demande plus forte dans tous les
pays européens. Dans leurs conclusions,
celle de leur rapport et celles qu’ils
ont tirées lors de leur présentation,
l’équipe de chercheurs préconise de
s’attaquer au capitalisme financier
pour redonner du souffle au capitalisme
productif et des services.
Cette
orientation est celle de tous les
syndicats affiliés à la Confédération
Européenne des Syndicats et en France
de toutes les confédérations y compris
la CGT. Pourtant à y regarder de plus
près, cette orientation qui semble
s’attaquer à la finance parasitaire est
une impasse. En effet, comme le
soulignent de nombreux militants de la
CGT et ce fut le cas dans le débat, le
capitalisme ne peut pas se découper en
« bon capitalisme » et en
« capitalisme casino ». La
financiarisation du capital est une loi
de développement même du capitalisme.
Pour accroître ses profits, il joue sur
la circulation du capital comme d’un
outil pour prélever plus de profits sur
le travail. Mais la gigantesque
suraccumulation de capital devient un
frein à l’investissement et donc tarit
la source même des profits : le
travail vivant, ce qui entraîne une
nouvelle surexploitation des
travailleurs. Cet aspect des choses est
d’ailleurs bien souligné dans le
rapport des économistes et il est
largement revenu dans le débat.
Tout
cela montre deux choses. La première
est qu’il faut aller au fond de la
question concernant la nature du
capitalisme et de sa crise, la
deuxième, c’est qu’il n’y a pas de voie
pour la « réforme » du capital
comme le disent les adeptes d’un
« capitalisme régulé »,
formule qui sert en fait à cacher leur
soumission à la loi d’airain de
l’exploitation capitaliste. Pour sortir
de la crise du capitalisme, il faut
détruire les bases même de ce système :
l’exploitation des travailleurs par le
capital et ouvrir la voie à une société
socialiste de coopération des
producteurs. Pour cela,
il est illusoire de penser que, sans
l’expropriation des capitalistes, il
puisse y avoir des changements
significatifs et durables au bénéfice
des travailleurs. C’est cette voie
révolutionnaire qu’a choisie notre
Parti des Communistes et nous
l’exposons dans une brochure que nous
venons d’éditer.
www.sitecommunistes.org
|