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Il serait sans doute intéressant,
mais certainement trop long
d’expliquer le parcours
industriel d'Alstom, les richesses
produites par le travail des
ouvriers, la
diversité des métiers, l'utilité des
productions pour le développement
économique et social du pays.
Les luttes très fortes des
travailleurs d'Alstom au cours de
l'histoire sociale de l'entreprise ont
chaque fois fait échec
autant que possible à la rapacité des
actionnaires. Mais pour le capital, une
entreprise ne se juge pas à son
efficacité sociale mais à sa rentabilité,
à son niveau de profit pourvu qu'il
soit le plus haut possible.
Alstom est donc aujourd'hui sous
les feux de l'actualité.
Pourquoi aujourd'hui et pour
quelles raisons ?
Nous expliquons souvent que le
capital n'a pas d'autre choix que se
développer, d'accumuler du profit,
sinon il meurt. Dans cette course au
profit, les multinationales se livrent
une concurrence sans merci, c'est à
celle qui mangera l'autre, qui
parviendra à s'accaparer les profits de
l'autre.
Les travailleurs sont au centre
de cette course folle, ils en payent
les frais : licenciements, fermetures
partielles ou totale des entreprises,
délocalisations, démantèlements sont
les conséquences économiques. Baisse
des salaires, suppression des acquis
sociaux, aggravation des conditions de
travail (Alstom est condamné pour avoir
empoisonné des salariés en utilisant
l'amiante) sont les conséquences
sociales.
Cela entraîne difficultés de vie
aggravées pour les travailleurs mais
aussi dépeçage de l'industrie, casse de
tout un tissu indispensable pour
satisfaire les besoins nationaux et
préserver l’indépendance nationale.
Avant Alstom, il y a eu toute la
sidérurgie, la machine- outil, le
textile, l'horlogerie, les fonderies
pour ne citer que les plus grosses
industries. Ça continue aujourd'hui
avec l'automobile (V.L et camions), les
raffineries, l'agroalimentaire, la
téléphonie, les
privatisations qui concernent l'eau, le
secteur de l'énergie (EDF), les
transports.
Les vautours du capital guettent
les énormes profits à réaliser et
suivant les circonstances ils
choisissent de s'éliminer ou de
fusionner, nous sommes dans ce cas
aujourd'hui avec Alstom, les
conséquences sont
connues.
Il n'y a que les luttes pour les
arrêter et il est urgent de le faire.
Alstom aujourd'hui, c'est 20,2
milliards de chiffres d'affaires, un
résultat net de 802 millions et
18 000 travailleurs en France.
C'est le numéro un mondial dans
la fabrication de centrales
électriques, dans les turbines
d'alternateurs hydrauliques, dans les
systèmes antipollution des centrales à
charbon. C'est aussi le numéro un
mondial dans la fabrication des trains
à grande vitesse (TGV), dans les trains
pendulaires, les trains de banlieue,
régionaux, les tramways.
Pas étonnant que l'entreprise
fasse l’objet de tant de convoitises.
Déjà en 1999, Alstom vend à
Général –Electric (l’américain) la
totalité de son activité turbines- gaz.
A la suite de difficultés dues à
son introduction en bourse et d'un
dividende de 500 millions d’euros
versés à ses deux actionnaires
principaux, l’Etat français vient à la
rescousse en 2004 et
injecte 2,2 milliards de fonds
publics.
C'est ce que les commentateurs
politiques de l'époque ont appelé
« nationalisation partielle »,
alors qu'il s'agissait en fait
d'assurer aux actionnaires (anciens et
futurs) un niveau de profit «
acceptable ».
Francis Meir, ministre de
l'industrie de l'époque et Sarkozy,
ministre des finances vont exiger le
démantèlement de l'entreprise :
création de Cegelec (activité
électrique, électromécanique), vente de
l'activité transmission et distribution
pour
913 millions à Areva en 2006,
vente partielle également en 2006 des
chantiers navals à Saint-Nazaire.
Bouygues rachète les parts de l'État la
même année ce qui lui permet de
réaliser une opération financière
juteuse payée par le peuple français.
Et le démantèlement se poursuit : en
2010 Alstom intègre la branche
transmission d'Areva et Schneider-
Electric, vend les 17 % des chantiers
navals qui lui reste à STX pour 125
millions, supprime 600 emplois en 2012
à Belfort dans un atelier de fabrication
d’ailettes de turbines, et vient de
vendre une entreprise à l'allemand
Triton pour 730 millions d'euros.
Au cours de ces années
13 000 emplois sont supprimés.
Voilà très rapidement tracé ce
qu'il faut savoir d'Alstom pour
comprendre qu'il n'y a surtout pas de
solution dans ce que proposent les
multinationales, leur unique but est de
s'emparer de l'entreprise pour
augmenter leurs profits.
Pas de solution non plus du côté
des politiques qui sont tous d'accord
pour vendre l'entreprise, il n'y a que
la forme qui diffère.
Tous d'accord pour poursuivre
cette politique de casse avec ses
conséquences économiques et sociales
désastreuses.
Rien d'étonnant de la part du
pouvoir socialiste et de la droite qui
approuvent toutes les décisions des
multinationales. Rien d'étonnant non
plus de la part de Mélenchon qui vient
de révéler son accord. Son discours
« révolutionnaire » et son
verbe haut ont fait long feu. Il
préconise une « nationalisation
partielle et temporaire »
autrement dit la
même solution que Sarkozy en 2004, on
en mesure les conséquences aujourd'hui.
Même discours du Parti Communiste
Français : « l’Etat doit prendre
ses responsabilités et priver les
patrons d'Alstom de leur droit
divin ». Le parti communiste s’en
remet à l’Etat capitaliste pour intervenir
!! On croit rêver, le pouvoir actuel
accepte et accompagne toutes les
mesures dictées par les grands groupes
capitalistes.
Du côté des syndicats : FO
déclare « nous n'avons jamais été
effarouchés par la nationalisation (ah
bon !), y compris si elle doit avoir un
caractère temporaire », FO-Mélenchon :
même combat !!
La CFDT est dans sa logique de
courroie de transmission du MEDEF : «
pas de précipitation dans les décisions
» « il faut négocier » etc.
La fédération de la métallurgie
CGT déclare que « c'est le coût du
capital qui est le problème ».
Ne serait-ce pas le capital
lui-même ? Son existence ? La CGT
ne le dit pas.
Comme on le voit, les
travailleurs ne peuvent compter que sur
eux-mêmes
Il n’y a pas de temps à perdre,
il est urgent d'engager la lutte, les
leviers de l'industrie doivent revenir
au peuple. La nationalisation totale et
immédiate, c’est la seule solution pour
arrêter la casse, la seule solution
pour répondre aux besoins de la nation.
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