|
Le coût du travail : Cette
expression est
au cœur de tout le discours officiel,
des patrons, des experts, des
journalistes, des hommes politiques de
gauche et de droite, bref de tous les
serviteurs du Grand Capital.
Cette expression désigne
habilement ce que les capitalistes sont
obligés de dépenser pour rémunérer
celles et ceux qui les engraissent. Ce
serait, à entendre les voix autorisées,
le seul obstacle au développement
économique, la seule cause du chômage
et de l’effondrement de la production.
Quelques organisations, comme la
CGT, Solidaires ou des forces
politiques (FDG, NPA) ont lancé une
campagne pour lui opposer le coût du
capital. Elles fondent leur
argumentation sur le fait qu’entre les
années 70 et aujourd’hui la part des
richesses allant au travail et celle
allant au capital se sont
inversés : dans les années
Giscard, 60 % du produit des richesses
allait au travail et depuis les années
Sarkozy, 60 % de ce même produit va au
capital.
Pour Communistes, ce n’est pas
ainsi que l’on doit combattre
l’idéologie du « coût du
travail » et tout ce qu’elle
engendre. Le point de départ de cette
campagne induit une logique de
répartition des richesses. C’est
d’ailleurs le slogan majeur de toutes
les organisations citées plus
haut : elles proposent une
autre
répartition des richesses, que
les capitalistes daignent en laisser un
peu plus aux salariés. Cette référence
indique bien que le but cherché n’est
pas de
renverser le capitalisme mais de
l’aménager pour le rendre plus
supportable.
Il s’agit d’un gigantesque
leurre. De la même manière que l’Union
européenne ou le FMI, créations du
grand Capital, ne seront jamais au
service des travailleurs, les grands capitalistes
ne lâcheront jamais d’eux-mêmes un peu
de lest pour que la vie des salariés
soit moins difficile. Tout est affaire
de rapport de force et l’actuel leur
permet de ne rien céder, bien au
contraire.
En s’en tenant à une lutte de
cette nature, sans
mettre en cause la société capitaliste
elle- même, on
recule idéologiquement et
politiquement.
Il faut revenir aux fondamentaux.
La plupart des salariés aujourd’hui,
qu’ils soient en activité ou au
chômage, sont des prolétaires au sens
défini par Marx. Ils n’ont que leur
force de travail à vendre. Depuis que
le capitalisme existe, les patrons ont
besoin de salariés pour produire, ou
pour effectuer d’autres tâches qui
enrichissent le Capital. La
rémunération qu’ils leur versent est
largement en-dessous du travail
accompli, c’est ce que Marx avait mis à
jour. La différence entre le produit
des richesses créées et les dépenses en
matériel plus les salaires s’appelle la
plus-value. C’est à partir de cette
plus-value que les grands groupes
capitalistes réalisent des centaines de
milliards de profits.
Marx a démontré que la source des
crises, c’est justement la baisse
tendancielle de ce taux de profit. En
clair, les dividendes des actionnaires
se mettent à grimper moins vite. Depuis
le début du stade de l’impérialisme
qu’a décrit Lénine il y a plus d’un
siècle, la saturation du marché se
produit régulièrement. Aujourd’hui,
pour les capitalistes de l’Union
Européenne, par exemple, il n’y a plus
de nouveaux marchés sur la planète,
sauf à les conquérir, par exemple en
dépeçant la Yougoslavie ou en
perpétrant un coup d’Etat en Ukraine,
ou encore en intervenant militairement
au Mali. A ce stade, les requins ne
peuvent plus que se manger entre eux,
leur taux de profit baisse. Sur quoi
peuvent-ils se refaire : il y a bien
la spéculation, mais c’est aléatoire.
Reste à prendre sur les salaires, les
cotisations et, comme il faut une base
idéologique crédible, on invente le
« coût du travail ».
La solution ne réside pas dans
une quelconque répartition des
richesses. Ce qui bloque, c’est le
système capitaliste lui-même. S’il
bloque, c’est parce que les moyens de
production et d’échange sont dans les
mains de quelques-uns au lieu d’être
collectivisés. Il faut abolir la
propriété privée des moyens de
production et d’échange. Ce n’est qu’à
partir du moment où les salariés
possèderont les outils en question
qu’ils pourront rémunérer équitablement
toutes celles et tous ceux qui créent
les richesses. Toute autre proposition
sert objectivement à la survie du
système capitaliste et cache l’idée
simple que la lutte des classes seule
permettra de changer la vie.
Résister efficacement, c’est se
projeter dans l’avenir et voir que
seule la fin du capitalisme nous
débarrassera du coût du travail.
Cela ne veut pas dire se croiser
les bras et attendre le grand soir,
mais construire tous les jours, dans la
difficulté certes, le passage à une
autre société et donc afficher les
revendications justes. Aidons-nous,
aidons nos luttes en ne détournant pas
leur but. Contre l’idéologie du coût du
travail, la seule solution est la socialisation des moyens de production et d'échange, disons-le...
www.sitecommunistes.org
|